Un droit à l’information…

Choisir la vérité : c’est le thème de la Journée internationale de l’information, ce dimanche 28 septembre [2025], dont le groupe EBRA auquel appartient votre journal est partenaire. Encore une journée thématique ? Oui, et celle-ci, à laquelle participent plusieurs centaines de médias et d’agences de presse, nous semble essentielle alors que le droit légitime des citoyens à accéder à une information fiable et vérifiée se trouve contesté non seulement par les régimes autoritaires, mais aussi par un nombre croissant de démocraties.

  • Violences contre les journalistes

Selon le décompte de Reporters sans frontières (RSF), 37 journalistes ont été tués en raison de leur profession depuis le début de l’année, dont près de la moitié par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Plus de 210 journalistes sont morts dans l’enclave palestinienne depuis le début des opérations israéliennes en octobre 2023 – davantage que lors des deux Guerres mondiales ou celle du Vietnam.

Par ailleurs, 557 journalistes et collaborateurs de presse se trouvent toujours en détention, pour la plupart dans des régimes autoritaires comme la Chine, la Birmanie ou l’Arabie saoudite. Mais aussi en Inde, où plusieurs journalistes sont emprisonnés pour avoir couvert la situation au Cachemire, ou même aux États-Unis.

Pressions judiciaires et financières

À ces exactions s’ajoutent des pressions de plus en plus fréquentes, dans certaines démocraties, sur les journalistes et leurs rédactions. Aux États-Unis, l’assassinat du leader d’extrême droite Charlie Kirk a déclenché une véritable chasse aux sorcières contre les médias. Après avoir fait fermer ou restreint les financements des médias publics, Donald Trump menace maintenant les grandes chaînes privées de révoquer leur licence en cas de critique de son administration. Multipliant les pressions financières et judiciaires, il a également intenté un procès contre le New York Times auquel il réclame 15 milliards de dollars.

Concentration et déserts de l’information

L’économie de la presse est de plus en plus fragile : clans 160 des 180 pays analysés par RSF, les médias ne parviennent pas à atteindre une stabilité financière. Parfois encouragée par les autorités comme en Argentine, cette fragilité financière a conduit à une concentration des médias au sein de conglomérats souvent proches du pouvoir, et à la disparition de médias locaux. Dans de nombreux pays, ce sont de véritables « déserts informationnels » qui sont apparus. Les États-Unis sont l’exemple le plus connu : au cours des 20 dernières années, un quart des journaux locaux américains ont mis la clé sous la porte. Mais l’Europe est aussi menacée.

Censure et restrictions de la liberté d’informer

Les indicateurs sont au rouge, à commencer par la Russie où la plupart des médias indépendants ont dû fermer ou s’exiler. Mais certaines démocraties occidentales suivent une pente glissante.

Aux États-Unis, le Pentagone a exigé vendredi 17/09/2025 que les journalistes couvrant la défense sollicitent son autorisation avant de publier toute information.

La tentation de contrôler les médias existe aussi en France, où le ministre démissionnaire de l’Intérieur Bruno Retailleau avait publié fin juillet une circulaire visant à exclure les journalistes des zones d’émeutes ou de manifestations violentes.


J.-M.L. Le Dauphiné. 24/09/2025


MC


Une réflexion sur “Un droit à l’information…

  1. bernarddominik 25/09/2025 / 9h13

    Oui mais c’est surtout la main mise de qq milliardaires sur l’information qui est inquiétante. Le métier de journaliste dans les pays en guerre à toujours été dangereux

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.