Cachez cette photo d’un dos balafré
que les Américains, et surtout Trump, ne sauraient voir !

Ce cliché de 1863 d’un esclave portant les cicatrices effroyables de coups de fouet a joué un rôle historique dans la lutte abolitionniste.
Cette image ne sera plus exposée dans les sites gérés par le National Park Service (NPS), révèlent le Washington Post et le New York Times.
Les textes et œuvres présentés dans le réseau du NPS, tout comme ceux des musées de la Smithsonian Institution à Washington, sont soumis en ce moment à un « examen général » dans le cadre d’un décret de Trump.
Un executive order qui vise à restaurer « la vérité et la raison dans l’histoire américaine » et à promouvoir un récit glorieux nécessitant, notamment, d’en expurger une réalité : les atrocités de l’esclavage.
Marie-Anne Kleiber. Télérama N° 3950.24/09/2025
Dans le même état d’esprit
Chère, si chère liberté d’expression…
Clap de fin pour le premier amendement de la Constitution américaine ?
En suspendant indéfiniment Jimmy Kimmel, l’animateur vedette de son talk-show du soir, la chaîne ABC vient d’ajouter un clou au cercueil de la liberté de penser outre-Atlantique.
Le Jimmy Kimmel live un « talk » mêlant humour, divertissement et interviews de stars, existait depuis 2003. Sur le segment extrêmement concurrentiel des émissions de seconde partie de soirée, Kimmel croisait avec un certain bonheur satire grinçante, humour bouffon et regard laser sur l’actualité politique et sociale des États-Unis.
Le lundi 15 septembre, il a franchi la ligne rouge qui, aux États-Unis, sépare désormais le camp du Bien de celui du Mal (la gauche radicale) : il s’est exprimé librement sur la mort de saint Charlie Kirk, influenceur conservateur qualifié de « martyr » par le camp trumpiste.
« Le gang Maga essaie désespérément de décrire le gamin qui a assassiné Charlie Kirk comme n’étant pas l’un des leurs et tente de faire tout ce qu’il faut pour en tirer un profit politique », a lâché le présentateur, déclenchant une riposte nucléaire sur les réseaux sociaux et dans les médias conservateurs.
Après l’animateur Stephen Colbert — dont le show sur CBS prendra fin en mai 2026 Kimmel ne paye pas seulement son audace : il fait les frais de l’extraordinaire veulerie des grands patrons américains alors que leur démocratie s’effondre sous leurs yeux.
Car ce n’est pas ABC qui a viré Kimmel, mais Robert Iger, le président de Disney (qui possède la chaîne). Tout comme ce n’est pas CBS qui a annoncé l’annulation du Late Show de Stephen Colbert, puis forcé le patron de l’émission légendaire 60 Minutes Bill Owens à démissionner, avant de signer — un chèque de 16 millions — de dollars à Donald Trump pour calmer sa colère : c’était la présidente de Paramount, propriétaire de CBS actuellement en discussion avec le groupe Skydance Media pour une fusion qui nécessite l’accord des autorités fédérales — autrement dit, de Trump.
Après la Silicon Valley, après les grands « networks », qui se chargera de jeter la prochaine pelletée de terre ?
Olivier Pascal-Moussellard. Télérama N° 3950.24/09/2025
C’est triste d’en arriver là
https://www.youtube.com/watch?v=SBgIZdzVZQo&t=1s
🙂