Les « privilèges » des grandes entreprises

Signe de l’inquiétude ambiante des entreprises se positionnent contre toutes nouvelles taxes, l’Association française des entreprises privées, composée des 117 plus grosses sociétés du pays, est sortie de sa discrétion pour vanter la contribution de ses membres au bien-être général et mettre en garde sur les conséquences d’une nouvelle hausse des prélèvements.

« Ce qui est certain, c’est que vu l’insertion des grandes entreprises dans l’économie nationale et de leur poids, les pénaliser ou les encourager aura un impact sur l’ensemble des économies », menace Bruno Clément-Ziza, directeur de l’Afep.
Hasard du calendrier ou tir groupé du patronat ?

Alors que les questions de justice fiscale et budgétaire se sont hissées au centre du débat politique, déclenchant une levée de boucliers parmi les plus aisés, l’Association française des entreprises privées (Afep), d’ordinaire très discrète, a pour la première fois présenté à l’ensemble de la presse, hier, les résultats de son enquête annuelle sur sa « contribution économique et sociale ».

Ajoutant sa protestation à celle des autres organisations patronales, l’association, composée des 117 plus grosses entreprises françaises, est venue rappeler son poids dans l’économie et mettre en garde à mots couverts contre toutes velléités de rééquilibrage des niveaux de taxation.
« Si vous avez une augmentation substantielle de la fiscalité, il est assez probable qu’à court ou moyen terme, cela modifie le partage de la valeur ajoutée, avec un effet sur les autres éléments financés par les entreprises, salariales, actionnariales et d’investissement », a ainsi prévenu le chef économiste de l’organisation, Nicolas Ragache.

  • Des grandes entreprises qui pèsent

À l’appui de leur plaidoyer, les entreprises de l’Afep font valoir leur poids. En 2024, elles ont généré 13 % du PIB marchand (les biens et services vendus et achetés) et 24 % du chiffre d’affaires réalisé en France. Surtout, avec 2,1 millions de salariés en France (8,1 à l’échelle mondiale), elles comptent pour 12 % de l’emploi privé.

C’est d’ailleurs leur masse salariale, qui absorbe 60 % de la valeur qu’elles génèrent, contre 5 % pour les actionnaires, selon leur décompte. « Ce qui est certain, c’est que vu l’insertion des grandes entreprises dans l’économie nationale et de leur poids, les pénaliser ou les encourager aura un impact sur l’ensemble des économies », menace Bruno Clément-Ziza, directeur de l’Afep.

  • La complainte des prélèvements

Autre point mis en avant : « Nous ne partons pas d’une situation où les prélèvements obligatoires sont inexistants », souligne Nicolas Ragache. L’Afep met en avant les 85,1 milliards d’euros de prélèvements obligatoires, dont 53,6 millions de cotisations sociales que ses membres ont versées à l’État en 2024.
L’association n’a pas encore des données précises, mais elle estime qu’avec les hausses décidées dans le budget 2025, notamment la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, ce montant devrait atteindre 95 milliards cette année.

Mais cette présentation flatteuse passe sous silence le fait que leur maîtrise des systèmes d’optimisation leur permet de payer proportionnellement moins que les autres. Selon une étude de l’Insee, leur taux d’imposition s’élevait ainsi à 14,3 % en 2024 contre 21,4 % pour les PME et 17,8 % pour les entreprises de taille intermédiaire.
Les grandes entreprises cherchent aussi à contrer les critiques qui montent sur les aides que l’État leur verse sans supervision ni contreparties, notamment le crédit d’impôt recherche (CIR).
L’Afep a souligné que ses membres ont dépensé, en 2024, 20 milliards d’euros en recherche et développement, et qu’ils emploient 110 000 chercheurs, soit 50 % de la recherche privée en France. « S’il n’y avait pas de CIR, il y aurait des investissements dans la recherche, mais ça ne serait pas en France », a souligné Bruno Clément-Ziza. Encore une façon feutrée d’agiter les menaces pour clore tout débat.


Hélène May.

L’Avis de R.B.

Les troupes patronales des grandes entreprises demeurent attachées à l’état d’assistance permanent associé à une protection fiscale de haut niveau !
Les mêmes refrains, après la République de 1848,depuis le Second Empire, métamorphosés, par un lexique renouvelé, s’efforcent de maintenir les avantages acquis au minimum quand le peuple réclame les justices sociale, fiscale, un rééquilibrage des fruits de la croissance et de la richesse nationale.
L’Union européenne leur apporte l’écho nécessaire pour discréditer les tentatives de restaurer une démocratie politique et sociale.
Il est de temps de rappeler à ces grands groupes qui les a amenés à devenir des industriels ou financiers puissants ?
La France n’est pas une entreprise et ne doit pas être gouvernée comme telle.

Lors d’une conférence de presse à l’Élysée, le 28/10/1966, le général de Gaulle prononce une de ses fameuses « petites phrases » : « La Bourse, en 1962, était exagérément bonne, en 1966, elle est exagérément mauvaise, mais vous savez, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille »
RBLAPLUME


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