Ignorant les urnes comme les mobilisations, le chef de l’État tente encore de profiter du système ultra-présidentiel de la Ve République, au risque de la catastrophe démocratique. […]
[…] Depuis l’annonce du vote de confiance le 8 septembre, devenu rapidement synonyme du départ de François Bayrou, les commentateurs de la vie politique, […] ont relancé une nouvelle partie de leur jeu de société préféré : le « Qui est-ce ? ».
S’il [Macron] écarte systématiquement l’idée de nommer à Matignon une personne issue du camp politique arrivé en tête de ces élections, à savoir le Nouveau Front populaire (NFP), c’est évidemment pour conserver l’essentiel de son projet, à une ou deux virgules près.
Un projet pourtant largement contesté dans les urnes, privant le président d’une majorité dès 2022, mais que ses gouvernements successifs ont tout de même tenté d’imposer à coups de 49-3 et de coalitions baroques entre perdants.
Le tout au mépris du dialogue social, de l’urgence climatique, des « grandes causes » quinquennales ou des éternelles promesses de changement. […]
À l’approche de la journée « Bloquons tout » du 10 septembre, […] les soutiens du chef de l’État s’affairent autour d’un « trou de souris » qui leur permettrait d’arrimer le Parti socialiste (PS) à un futur accord de non-censure, afin de voter un budget d’ici à la fin de l’année et d’éviter une nouvelle dissolution. [Des calculs, des hypothèses, des stratagèmes. MC]
[…] Neuf mois après sa nomination à Matignon, tout le monde semble avoir oublié les conditions dans lesquelles François Bayrou s’est imposé à Emmanuel Macron le 13 décembre 2024. Ce vendredi matin là, l’écosystème médiatico-politique est en ébullition. Le patron du MoDem vient de ressortir de l’Élysée, visiblement furieux. Personne ne sait où il se trouve.
Celui qui se rêve président de la République depuis toujours, et premier ministre depuis 2017, a appris de la bouche du chef de l’État qu’il s’apprête à nommer Sébastien Lecornu pour remplacer Michel Barnier rue de Varenne. L’affront de trop pour le Béarnais, qui menace le chef de l’État d’une expression publique féroce, actant leur divorce politique et personnel.
Alors que tout le monde cherche François Bayrou, celui-ci s’est discrètement réfugié chez Richard Ferrand, comme l’avait raconté La Tribune dimanche. Ce proche d’Emmanuel Macron devenu président du Conseil constitutionnel accueille le centriste chez lui, en attendant une livraison. Il prend alors connaissance du texte que l’éconduit veut communiquer à la presse.
Durant leur conversation, le téléphone du patron du MoDem n’arrête pas de sonner. Il ne décrochera qu’à l’appel du secrétariat de la présidence de la République, qui lui annonce que le chef de l’État veut le revoir. Quelques heures plus tard, François Bayrou est nommé à Matignon. La menace a fonctionné, mais personne n’en sort grandi. À commencer par notre démocratie.
[…] L’hypothèse d’une démission du chef de l’État, qui bruisse dans les rangs politiques de Jean-Luc Mélenchon à Valérie Pécresse, est sans doute l’ultime symptôme de la crise de régime que nous traversons. Le système ultra-présidentiel dont Emmanuel Macron a usé et abusé au cours des huit dernières années se retourne logiquement contre lui.
Plutôt que de repenser ce système en profondeur et de mettre en place des leviers pour le démocratiser, le principal responsable de cette situation continue ses petits calculs dans l’espoir de garder la main sur une monarchie républicaine devenue impuissante. […]
Ellen Salvi. Médiapart. Source (Extraits)
Note : Médiapart pas plus que d’autres quotidiens, revues ou médias n’envisagent l’avènement du VIe république avec des articles orientés pour que le peuple puisse être consulté.
Certes, cela implique une volonté manifeste du peuple, des politiques, des journalistes et des rédacteurs de proposer une réflexion approfondie sur l’avenir des enjeux politiques, en cherchant à inclure les voix et les opinions des citoyens dans les débats publics.
En effet, si l’on souhaite construire une nouvelle République qui soit véritablement représentative, il est essentiel d’encourager une interaction plus directe entre les médias et le public, permettant ainsi à la société de se prononcer sur les décisions qui la concernent directement.
MC
Quelqu’un se fait il encore des illusions sur Macron? Le grand mégalomane dépensier trouve la place trop bonne. Le reste il s’en fout. Il est là pour profiter et veiller au grain de quelques milliardaires