La reconnaissance de la Palestine par la France peut paraître naïve, courageuse ou inutile, selon les convictions de chacun. Une initiative qui veut croire que la fameuse solution à deux États côte à côte est encore viable, même si sa mise en œuvre impliquerait des années de négociations pour régler d’innombrables problèmes.
Netanyahou a déjà donné sa réponse : il n’y aura pas d’État palestinien. Arguant du fait que le Hamas détient encore des otages israéliens et que les conditions ne sont pas réunies pour une telle reconnaissance. On se demande si ces fameuses conditions, dont la liste semble se renouveler dès qu’on évoque la création d’un État palestinien, seront un jour satisfaites. Les Israéliens exigent un alignement de planètes qu’ils savent impossible. Il existera toujours une bonne excuse pour justifier leur opposition à la naissance d’un État palestinien.
La véritable motivation d’un tel refus n’est pas le Hamas. « Cet endroit nous appartient », a clairement dit Netanyahou. Voilà la vraie raison. Lui qui pourtant, quelques années auparavant, se déclarait favorable à la solution à deux États. Avec le recul, ces beaux discours apparaissent comme des mascarades dont le seul objectif était de camoufler le projet de détruire toute possibilité de créer cet État palestinien. Netanyahou n’est pas le seul responsable de cette duperie.
Bien avant les pogroms du 7 octobre 2023 contre les kibboutz, tous les gouvernements israéliens, travaillistes ou conservateurs, n’ont jamais cessé d’encourager la création de colonies sur des territoires palestiniens. Que vaut alors la parole des dirigeants de l’État hébreu ? Pas grand-chose, finalement.
D’un côté, ils ont joué pendant des années la comédie de la solution à deux États, pour laquelle, comme par hasard, jamais les conditions favorables n’étaient réunies, et de l’autre, ils ont activement favorisé l’implantation de colonies sur des territoires volés aux Palestiniens. Le gouvernement de Netanyahou applique la même politique que tous les précédents : celle de la duperie et du mensonge.
Citoyens de rien
Tout se résume à cette simple question : quels sont les droits des Palestiniens ? La France et sa vision universaliste des droits de l’homme ont certainement quelque chose à apporter à ce débat. Position très inconfortable, coincée entre Trump, qui n’attribue de valeur qu’à ce qui rapporte de l’argent, le gouvernement jusqu’au-boutiste de Netanyahou et des organisations terroristes, comme le Hamas, qui se réjouissent de cette reconnaissance. Qu’on les appelle Cisjordanie, Judée-Samarie ou Palestine, ces territoires sont peuplés de femmes et d’hommes qui ne sont citoyens de rien, ni d’un État palestinien fantôme, ni d’Israël, ni d’une Autorité palestinienne qui n’a d’autorité que le nom.
Ce qui s’est créé depuis des années sous nos yeux, c’est un no man’s land juridique, un vide légal où 5 millions de personnes vivent sans aucune protection juridique. Quelles lois peuvent-elles invoquer, et devant quels tribunaux, quand elles sont attaquées et dépossédées par des colons israéliens ? Les rares recours devant la Cour suprême israélienne ne leur donnent quasiment jamais raison. Les colons peuvent alors se ruer en toute impunité sur les terres traditionnellement palestiniennes. Personne ne s’opposera à eux. Et si par malheur des Palestiniens usaient d’armes pour se défendre, ils seraient immédiatement assimilés à des terroristes, emprisonnés ou liquidés.
L’initiative de la France et d’autres pays peut alors sembler bien dérisoire. Fera-t-elle évoluer les mentalités et bouger les lignes ? Probablement pas dans l’immédiat. C’est peut-être dans cinq ou dix ans qu’elle produira ses effets, sous d’autres gouvernements et avec d’autres dirigeants.
Mais ce jour-là, que restera-t-il de ces territoires et comment vivront les Palestiniens qui s’y trouveront encore ? Le minimum de droits dont n’importe quel être humain peut espérer jouir, les Palestiniens en sont privés. Ce n’est pas faire preuve d’un romantisme propalestinien puéril que de l’affirmer. C’est un constat objectif. Apatrides au XXIe siècle et avec l’assentiment de la communauté internationale, voilà le destin qui se profile pour ces gens qu’on appelait, il y a encore peu, les « Palestiniens ».
Editorial de Riss. Charlie Hebdo. 24/09/2025
Comment un pays de 10 millions d’habitants peut-il imposer sa loi à 400 millions d’Arabes ?
Grâce aux USA.
Si demain les USA se désintéressent d’Israël, la haine accumulée est telle que son sort est scellé.
Je ne le verrai probablement pas, mais un jour viendra où Israël sera détruit en tant qu’état.
Nétanyahou a sacrifié l’avenir de son pays à des succès immédiats.