… permet une autre lecture d’un fait connu et a priori documenté, romancé largement et puis rendre à César ce qui est à César… rendre à Sanora Babb son travail, ses annotations bien à elle, sans minimiser pour autant, l’œuvre de Steinbeck.
Un de ces livres qui compte-comptera, dans vos bibliothèques. MC
4 eme de couv.
Oklahoma, années 1930. La Grande Dépression fait rage aux États-Unis et le Dust Bowl ne cesse de s’abattre sur les terres agricoles, avec ses tempêtes de sable qui obstruent régulièrement le ciel. Devant ce sol qui se craquelle sous l’effet de la sécheresse, la famille Dunne tient bon, ploie, puis finit par capituler. Elle rejoint alors l’interminable cohorte de ceux qui fuient la misère, guidés par l’espoir d’une Californie prospère, promesse d’un renouveau — ou d’un autre mirage…le
Dans ce roman inédit, Sanora Babb redonne une identité et une dignité à « ceux dont les noms sont inconnus », ces centaines de milliers de migrants confrontés à une catastrophe écologique, à l’exploitation brutale et à l’humiliation. Oubliée de l’histoire littéraire, source d’inspiration pour John Steinbeck et ses Raisins de la colère, elle retrouve enfin la place qui lui revient.

Quand l’histoire d’une histoire nous raconte une autre histoire… Sans doute est-ce ainsi que l’on pourrait résumer l’étrange destin du roman que vous tenez entre vos mains.
« Eux dont les noms sont inconnus » raconte cet épisode tragique de l’histoire sociale américaine à travers le destin de deux familles, les Dunne et les Starwood, comme il y en eut tant d’autres à l’époque, à commencer par celle de l’auteure.
Sanora Babb naquit le 21 avril 1907 en Oklahoma. Elle passa les premières années de sa vie au sein de la communauté locale amérindienne otoe et eut même droit à un surnom prédestiné : « Chevauche-sur-le-Vent. » En raison de ses déboires financiers, son père (un joueur professionnel) installa sa famille au Colorado, chez son propre père, un fermier qui vivait dans un abri semi-enterré et cultivait le sorgho. Ce fut grâce à lui que Sanora Babb acquit une connaissance intime du monde décrit dans les premiers chapitres de « Eux dont les noms sont inconnus ». Brillante élève – elle fut major de sa promotion -, elle entama des études à l’université du Kansas mais, faute de moyens, dut se rabattre sur une école de formation des maîtres à Garden City dans le même État.
Après une courte expérience dans l’enseignement, elle décida de se lancer dans le journalisme. Plusieurs de ses articles ayant été repris dans divers journaux nationaux, elle répondit favorablement à une offre d’emploi du Los Angeles Times en 1929. Or le krach boursier contraignit le grand quotidien californien à se rétracter. S’ensuivit une période de misère noire pour la jeune femme, qui se retrouva momentanément à la rue.
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Sanora Babb : « Eux dont les noms sont inconnus ». Les éditions du Sonneur. 380 p. -24,50 €