Premier acte, dimanche 27 juillet 2025 au soir, au ministère de l’Intérieur. Bruno Retailleau reçoit Rachida Dati et Michel Barnier pour une tentative de conciliation.
Raté : le dîner a beau s’éterniser, impossible pour les deux protagonistes de trouver un terrain d’entente.
La maire du VIIe arrondissement de Paris pose deux conditions à sa non-candidature à l’élection législative partielle qui aura lieu sur ses terres : avoir l’investiture pour les élections municipales de mars 2026 et, surtout, carte blanche pour composer la liste des 163 candidats au Conseil de Paris.
C’est-à-dire pouvoir virer tous ceux avec qui elle a des comptes à régler : ceux qui ont présenté des listes dissidentes aux sénatoriales de 2023 (Catherine Dumas et Francis Szpiner) ou ceux qui ont constitué un nouveau groupe au Conseil de Paris, à commencer par les maires des VIIe et XVIIe arrondissements, Jeanne d’Hauteserre et Geoffroy Boulard. « Inacceptable » pour Bruno Retailleau. « Elle veut décapiter les maires d’arrondissement ! Ça ferait exploser la fédération de Paris ! » s’indigne un proche du ministre de l’Intérieur.
C’est après ce constat d’échec que se réunissent, lundi 28 2025 à 17 heures, les membres de la commission nationale d’investiture (CNI) de LR. Juste avant de s’y pointer, et histoire de mettre un peu d’ambiance, Dati a déjà fait savoir qu’elle serait candidate à la législative partielle. Contre Barnier, donc, que la CNI s’apprête à investir.
« Elle savait que la commission était pour elle un traquenard », justifie un partisan de la ministre de la Culture. Dati demande de nouveau des têtes (toujours les mêmes) avec cet argument : « Je veux travailler avec celles et ceux qui me soutiennent totalement, publiquement, sans ambiguïté. »
Puis elle fustige Barnier – qu’en privé elle surnomme « le Crooner » : Peut-on sérieusement dire qu’il incarne Paris ? Que son ancrage local est plus fort que le mien ? » Réplique de l’ancien Premier ministre, qui habite depuis quinze ans dans le VIIe arrondissement : « Nous sommes tous des Parisiens d’adoption, soit de Savoie, soit de Chalon-sur-Saône. »
Mais la native de Chalon ne l’a pas entendu.
Elle a déjà quitté les lieux. Silencieux, Retailleau laisse François-Xavier Bellamy expliquer qu’il faut faire les choses dans l’ordre : d’abord la législative, ensuite les municipales.
Un communiqué indiquera juste que Rachida Dati est « la mieux placée pour incarner l’alternance » à Paris.
Pour combien de temps ?
Car les « affaires » pèsent lourdement sur elle, après son renvoi le 22 juillet 2025 devant la justice, ce que personne n’ose jamais évoquer en sa présence.
Le choix du suppléant
Bataille dans la bataille qui va se jouer entre Michel Barnier et Rachida Dati : celle du suppléant.
La ministre de la Culture n’a pas arrangé son cas au sein de LR en laissant entendre qu’elle pourrait garder Antoine Lesieur, un proche de Gabriel Attal, qui était le suppléant de Jean Laussucq, le député (Renaissance) invalidé.
Si Dati était élue et demeurait au gouvernement, la 2e circonscription de Paris resterait donc dans le giron du parti présidentiel, alors que Retailleau compte bien la récupérer.
Barnier, lui, pourrait prendre un suppléant venu d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe. Ou plutôt une suppléante, en l’occurrence la maire du r arrondissement, Florence Berthout.
Restent le silence assourdissant et l’embarras d’Attal, dans une bataille qui échappe complètement à son parti.
Texte realisé a partir de différentes sources



Deux dessins de Kiro. Le Canard – Différentes parutions
Quelle infâme tambouille qui oublie qu’in fine, c’est l’électeur qui aura le dernier mot ! Je ne crois pas que Dati ait une quelconque chance de l’emporter. Les médias se sont ligués contre elle, sans oublier le monde de la Culture qui aura un rôle important à jouer dans cette élection. Dati a fait le vide autour d’elle. Gabriel Attal attend patiemment qu’elle explose en vol.
Bonne journée !
Merci pour ce commentaire, Bonne journée.
Amitiés. Michel