À partir de 2021, sous l’impulsion de Valérie Pécresse, la région a subventionné les équipements des polices municipales franciliennes, armes à feu et drones compris. Des décisions attaquées devant la justice administrative par les élus communistes, à qui le rapporteur public a largement donné raison lors de l’audience du mardi 1er juillet.
Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont ! Mercredi 2 juillet 2025, Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, a tenté une démonstration de force pour défendre son « bouclier sécurité », une politique d’aide financière aux communes souhaitant équiper leur police municipale (PM). Depuis 2021, la candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2022 – avec 4,8 % des voix – a ouvert les vannes des subventions pour l’achat, notamment, d’armes à feu pour les agents de la PM et de caméras pour étoffer la vidéosurveillance.
« Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, et Frédéric Péchenard, vice-président chargé de la Sécurité et de l’Aide aux victimes, réunissent, ce 2 juillet 2025, les présidents de Département et les maires bénéficiaires du Bouclier de sécurité, menacé d’annulation par le tribunal administratif à la suite d’un recours », peut-on lire sur le site de la Région, le communiqué renvoyant à un lien YouTube pour assister en direct à cette séance particulière.
La veille, Valérie Pécresse avait fait le rappel des troupes sur WhatsApp, en envoyant un message aux maires d’Île-de-France que l’Humanité a pu consulter. « MESSAGE URGENT, j’ai besoin de votre aide et de votre présence au Conseil régional demain », commence-t-elle, avant d’expliquer que « l’opposition », […] au Conseil régional, a attaqué le dispositif de « bouclier sécurité » devant le tribunal administratif.
Un dispositif contesté dès 2022 par le préfet de région
Valérie Pécresse : « J’ai besoin de la présence de tous ceux d’entre vous que nous avons aidés demain sans faute à 10h30 (ou au minimum de votre adjoint à la sécurité). »
Le jour J, les troupes sont suffisamment denses, plus d’une centaine de maires et d’adjoints ont répondu à l’appel pour faire à la fin une belle photo de famille.
« Nous vous avons réunis pour parler d’un sujet très grave, la mise en danger du bouclier de sécurité », débute la présidente de la région Île-de-France, s’étonnant que « l’opposition » ait pris l’initiative d’attaquer ses quatre délibérations, alors que « 15 villes dirigées par des mairies communistes ont bénéficié du bouclier de sécurité ». Mais surtout, selon Valérie Pécresse, « supprimer le bouclier de sécurité, ça serait de la non-assistance à Francilien en danger ». Ni plus ni moins.
Si la présidente de la région a travaillé ses formules, elle est moins à l’aise quand il s’agit de défendre la légalité de ces subventions. Peut-être parce que dès 2022, le préfet de région avait déjà tenté d’avertir l’intéressée sur l’illégalité de ce fameux « bouclier sécurité » ? « Aucun texte ne peut fonder juridiquement le subventionnement par le Conseil régional d’équipements de police municipale. Le Conseil régional n’est donc pas compétent pour accorder ce type de subvention ».
Une analyse sans équivoque que Valérie Pécresse a pourtant sciemment décidé d’ignorer. Au départ, explique l’élue d’opposition, « nous avions fait le choix de ne pas ébruiter en amont cette audience afin de laisser la Justice agir dans la sérénité. Nous souhaitions attendre la décision, qui doit être rendue publique d’ici 2 à 3 semaines, avant de réagir davantage ». Mais c’était sans compter l’opération blitzkrieg de la madone des polices municipales.
La présidente de groupe d’opposition de gauche à la région rappelle que « le bouclier de sécurité est un dispositif de subventions régionales, mis en place en 2016 » qui reprenait « des dispositifs antérieurs, lancés par la gauche, à l’image de la sécurisation des lycées, des CFA, des instituts de formation, des îles de loisirs ou le financement régional des sapeurs-pompiers », entre autres, et qui n’ont donc pas été ciblés par le recours.
Faire pression sur le ministère de l’Intérieur
Avec ce grand raout, « Valérie Pécresse va faire pression sur le ministre de l’Intérieur pour faire en sorte que le partage de la compétence sécurité intègre les régions. Dans cette affaire, je pense qu’elle mise plus sur le politique plutôt que sur la voie juridique », ajoute Céline Malaisé.
Le bras de fer est donc plus que jamais en cours.
Bruno Rieth. L’humanité. Source
Elle augmente le prix des transports pour subventionner les armes des polices municipales. C’est honteux.