Le « Wall Street Journal » a publié une lettre salace
destinée à Epstein, censée venir de Donald Trump.
L’article du Wall Street Journal (WSJ) affirme que, pour un livre d’or destiné à Jeffrey Epstein en 2003 à l’occasion de son 50ᵉ anniversaire, sa compagne Ghislaine Maxwell avait sollicité plusieurs dizaines de ses proches, dont Donald Trump, alors magnat de l’immobilier.
La lettre au nom de Donald Trump, que le journal indique avoir pu consulter, est de caractère salace, comme d’autres dans ce livre d’or. Elle comporte plusieurs lignes de texte dactylographié entourées d’un croquis de femme nue, apparemment tracé au marqueur, précise-t-il.
La signature gribouillée du futur président apparaît sous la taille de la femme, évoquant une toison pubienne, souligne le WSJ.

Dans une énième tentative d’éteindre le feu qui couve au sein de sa base MAGA (« Make America Great Again », « Rendre sa grandeur à l’Amérique ») sur ce dossier, Donald Trump a indiqué sur Truth Social avoir demandé à sa ministre de la Justice, Pam Bondi, de rendre publics tous les témoignages « pertinents » recueillis par le grand jury — une commission de citoyens investie de pouvoirs d’enquête — dans cette affaire, « sous réserve de l’accord du tribunal ».
« Je crois que nous savons maintenant exactement pourquoi Donald Trump refuse de publier les documents du dossier Epstein », a commenté sur X l’élu démocrate Pat Ryan après la diffusion de l’article du WSJ.
Aucun nouvel élément dans le dossier Epstein
En février, Pam Bondi a rendu publics au nom de « l’engagement du président Trump à la transparence » de nombreux documents du dossier Epstein, qui ne contenaient aucune révélation majeure.
L’administration Trump continuerait-elle d’écarter ceux qui dérangent ?
Maurene Comey, la procureure fédérale ayant travaillé sur l’affaire Epstein et également sur l’affaire P. Diddy, inculpé pour trafic sexuel et association de malfaiteurs en septembre 2024, a été démise de ses fonctions jeudi 17 juillet 2025 par le ministère de la Justice américain.
En poste depuis 2015 dans le district sud de New York, elle avait poursuivi Jeffrey Epstein ainsi que son associée et petite amie, Ghislaine Maxwell pour exploitation sexuelle de mineures. Cette dernière purge actuellement une peine de 20 ans de prison. Le financier américain et prédateur sexuel, lui, a été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019, il était en attente de son procès et risquait une peine de prison à perpétuité.
La cible d’attaques républicaines
Si aucun motif n’a été donné pour le moment sur son limogeage, cette décision n’est pas anodine. Maurene Comey se trouve être la fille de James Comey, ancien directeur du FBI, licencié de son poste en 2017 par Donald Trump.
« Être une Comey est intenable dans cette administration étant donné que son père James Comey est “constamment en train de s’en prendre à l’administration” », indique une source interrogée par CNN.
Par ailleurs, ces derniers jours Donald Trump multiplient les attaques envers la famille Comey. Lors d’une conférence de presse mercredi, il a décrété que les dossiers sur l’affaire Jefffrey Epstein « ont été inventés par Comey, par Obama, et par l’administration Biden ».
Ce n’est pas la première fois que la procureure est la cible d’attaques de la part du camp Trump. Laura Loomer, voix influente de l’extrême droite aux États-Unis, avait demandé à la ministre de la Justice, Pam Bondi, de la renvoyer en mai.
Le limogeage de Maurene Comey est le dernier en date de la purge de fonctionnaires orchestrée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. La semaine dernière encore, la ministre de la Justice a viré 20 employés ayant travaillé sur les poursuites fédérales contre le président américain.
Lien avec l’affaire Epstein ?
Le licenciement de Maurene Comey pourrait aussi avoir un lien avec son rôle dans l’affaire Epstein. En effet, il intervient alors que Donald Trump est en proie à une division au sein de son socle de fidèles partisans concernant la polémique autour du prédateur sexuel.
Une partie de la base républicaine et d’extrême droite reproche à Donald Trump et au ministère de la Justice de manquer de transparence sur la gestion du dossier Epstein. Ils font pression, sur fond de complotisme, pour qu’une supposée liste de clients de Jeffrey Epstein soit divulguée.
Mais dans un memorandum publié le 7 juillet, le ministère de la Justice et le FBI ont écarté la thèse de l’assassinat en prison de Jeffrey Epstein et confirmé son suicide. Ils affirment en outre n’avoir découvert aucune « liste » de ses « clients » lors d’un examen approfondi de la totalité du dossier. Alors même que la ministre de la Justice avait expliqué il y a quelques mois que la liste des « clients » de Jeffrey Epstein se trouvait sur son bureau.
Lors d’une conférence de presse mardi, Pam Bondi a refusé d’élaborer sur la possibilité que de nouveaux documents soient rendus publics. « Notre mémorandum parle de lui-même », a-t-elle déclaré. Laura Loomer, protégée de Donald Trump, à la tête des protestations de la base MAGA (« Make America Great Again ») a appelé à la démission de Pam Bondi.
Le départ de Maurene Comey a lieu alors que l’administration Trump enquête sur son père. James Comey aurait joué un rôle dans l’enquête sur les liens entre la campagne de Donald Trump en 2016 et la Russie. Une autre enquête a été ouverte aussi sur un récent post Instagram de James Comey que les alliés du président américain ont considéré comme une menace contre ce dernier.
Les démocrates et experts juridiques accusent Donald Trump et son administration d’user de leur pouvoir pour punir et intimider les opposants.
Informations composé à partir d’articles parus dans différents supports
Dessin R. Dutreix – Canard -16/07/2025.
Aux usa les fonctionnaires sont révocables. Trump n’a aucune justification à fournir. Mais ça révèle les limites de la démocratie américaine