Le plus dangereux d’entre eux !

Nouveau président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau a détaillé, samedi 28/06/2025 lors du Conseil national de son parti, a énumère une compilation des positions les plus caricaturales de la droite. [l’idéologie du RN, sort de ce corps… MC]

LR : le chef Retailleau dicte sa ligne

On les disait moribonds, presque morts, les voici conquérants. Fort de plus de 120 000 adhérents, le parti Les Républicains (LR) montre les muscles et part à l’assaut des défis électoraux. À leur tête, Bruno Retailleau.

Le ministre de l’Intérieur, élu triomphalement en mai face à Laurent Wauquiez, faisait son premier grand discours samedi à la Mutualité, à Paris, devant les cadres du parti réunis en conseil national. Cette instance, désormais présidée par Michel Barnier, ne s’était pas réunie depuis deux ans. C’est dire l’apathie des LR, asséchés par leur score catastrophique à la présidentielle de 2022 (4,78 % pour Valérie Pécresse), mais remis en selle grâce à leur présence au gouvernement.

Pas macronistes

« C’est grâce à toi que nous sommes au gouvernement », a salué Bruno Retailleau à Michel Barnier. « C’est ce qui a fait basculer le destin de notre famille politique ». Dans la salle, les cadres et militants exultent. D’autant que Gérard Larcher, président du Sénat, et Bruno Retailleau le répètent à quelques minutes d’intervalle : « Nous ne sommes pas devenus macronistes ». Voilà donc la ligne politique expliquée en deux phrases : intégrer le gouvernement était « difficile » mais c’était « pour éviter le pire, c’est-à-dire le chaos budgétaire » et «la gauche mélenchonisée ». LR y restera « tant que nous serons utiles au pays », a affirmé son nouveau président qui entend être le chef. « La ligne est tranchée », a-t-il dit rappelant en creux son score de quasiment 75 % lors du congrès.


Nathalie Mauret. Le Dauphiné Libéré. 29/06/2025

Bruno Retailleau sait comment perdre une élection présidentielle. En 2017, il est le coordinateur de campagne de François Fillon, auquel il reste fidèle même quand les chances de victoire du Sarthois sont pulvérisées par l’affaire Penelope. Ironie ou manière de conjurer le sort, le nouveau président du parti Les Républicains articule sa course à l’Élysée autour d’un slogan : « La France des honnêtes gens ».

Il veut plutôt s’inspirer d’un autre « honnête » issu de ses rangs, qui lui l’a emporté en 2007, Nicolas Sarkozy. Le ministère de l’Intérieur pour gagner en exposition médiatique puis la prise en main du parti de droite pour mettre la machine à son service : Bruno Retailleau a choisi la même méthode. C’était d’ailleurs le sens du Conseil national des LR, qui s’est tenu ce week-end et a vu son président entériner le nouvel organigramme d’un parti en ordre de bataille pour les municipales et, surtout, la présidentielle de 2027.

  • « Marre qu’on l’accuse d’un pseudo-racisme, d’un racisme imaginaire »

Dans son discours, le nouveau président du mouvement a développé ce qu’il entendait par « honnêtes gens ». Rien à voir avec la vertu de Fillon et Sarkozy, pour Bruno Retailleau, il s’agit d’un archétype, caricatural, de l’électeur de droite. Voire d’extrême droite. « La France des honnêtes gens c’est la France qui travaille, qui travaille dur, qui se lève tôt et qui paie cash, à chaque fois, le prix de l’assistanat », a-t-il démarré.

« La France des honnêtes gens, c’est celle qui en a marre de la disqualification de l’histoire de France, de la pénitence perpétuelle infligée à notre pays. La France des honnêtes gens ne salit pas son histoire », a-t-il poursuivi avant de conclure, sous les applaudissements : « La France des honnêtes gens en a, vraiment, absolument marre qu’on l’accuse d’un pseudo-racisme, d’un racisme imaginaire. Elle en a marre d’un wokisme victimaire. »

Être honnête, pour Bruno Retailleau, c’est refuser de voir que plus de 9 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté, du fait des bas salaires que la droite refuse d’augmenter ou d’aides sociales qui permettent à peine de sortir la tête de l’eau.

C’est refuser de reconnaître les agissements de l’État français dans ses colonies, comme si tout dans son Histoire n’était que gloire et bonté. C’est refuser de mesurer le climat de haine xénophobe qui a abouti, ces dernières semaines, aux meurtres d’Aboubakar Cissé et d’Hichem Miraoui.

Désignant la gauche comme son « adversaire principal » et sans jamais évoquer le Rassemblement national, Bruno Retailleau promet d’inscrire sa campagne dans la surenchère droitière.


Florent LE DU. Source (extraits)


Christophe Gleizes et Boualem Sansal détenus en Algérie,
Retailleau doute de la stratégie du quai d’Orsay

Le ministre de l’Intérieur estime que « la stratégie de la discrétion ne fonctionne pas » face aux autorités algériennes.

La diplomatie, ça commence à bien faire. Voilà en substance ce que Bruno Retailleau a expliqué ce mardi 1er juillet au matin, en revenant sur la stratégie de la France et plus précisément du quai d’Orsay pour faire libérer les Français détenus en Algérie. Une sorte de méthode douce inefficace, à ses yeux.

Invité de la matinale de France Inter, le ministre de l’Intérieur était interrogé sur les deux ressortissants français condamnés récemment et emprisonnés en Algérie. À savoir, l’écrivain Boualem Sansal et un journaliste sportif, Christophe Gleizes, reconnu coupable d’« apologie du terrorisme » dimanche et condamné à 7 ans de prison.

« La très grande discrétion vis-à-vis de Christophe Gleizes qui est là-bas depuis 13 mois, il était sous contrôle judiciaire, cette stratégie n’a pas fonctionné. Personne n’en parlait », a ainsi martelé le locataire de la Place Beauvau, en estimant que « l’on ne perd jamais à dire la vérité et à dire les choses. » Un message adressé, en partie, à son collègue à la tête du Quai d’Orsay Jean-Noël Barrot (MoDem).

« Une histoire tempétueuse ne doit pas justifier l’omerta »

Pour cause, la doctrine du ministère des Affaires étrangères repose effectivement sur une logique de discrétion et de discussion, notamment en coulisse, pour faire avancer les dossiers les plus épineux en évitant au maximum les crispations et la surenchère. Ce qui n’est pas celle de Bruno Retailleau.

« Moi, je n’y crois pas. Pour preuve, j’ai porté une autre ligne de fermeté. J’ai toujours considéré que même une histoire tempétueuse ne doit pas justifier l’omerta. Quand deux pays ont des relations, des accords, les accords doivent être réciproques », a ainsi détaillé le président des Républicains, confirmant ses divergences avec son collègue.

Quelques mois auparavant, c’est Jean-Noël Barrot qui exprimait des réserves sur la stratégie du ministre de l’Intérieur, estimant sur BFMTV, toujours au sujet des enjeux avec l’Algérie, que les « rapports de force » restaient bien souvent stériles. « La diplomatie, c’est toute une palette d’outils. Ce qui nous intéresse, c’est la sécurité des Français, ce n’est pas le rapport de force pour le rapport de force », avait expliqué ce proche de François Bayrou.

Force est de constater toutefois qu’aucune de ces deux approches n’emporte de larges succès. Malgré la « riposte graduée » voulue par Bruno Retailleau et mise en place par le Premier ministre pour prendre des mesures contre les autorités algériennes, ou les discussions menées par le quai d’Orsay, les relations entre Paris et Alger sont toujours au point mort.

La France n’a pu que déplorer lundi « la lourde condamnation » du journaliste Christophe Gleizes en Algérie, réaffirmant son attachement à la liberté de la presse. La justice algérienne lui reproche d’avoir été en contact avec un dirigeant de la JS Kabylie, par ailleurs responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021.

En parallèle, l’écrivain Boualem Sansal, dont la détention constitue un des éléments de la crise actuelle, a vu sa condamnation (cinq ans de prison ferme notamment pour « atteinte à l’unité nationale ») confirmée ce mardi par la cour d’appel d’Alger.


Anthony Berthelier. Huffington Post. Source


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