… faire de la tragédie d’Oradour sur-Glane
un sujet de fiction réactualisé ?
La question agite la communauté historique et les associations
entretenant la mémoire du massacre du 10 juin 1944 par des Waffen SS.
En cause, le tournage commencé le 30 juin 2025, en Belgique d’une fiction pour TF1 sur un officier des Forces françaises libres incarné par Mat Pokora, parachuté près du village martyr le 5 juin 1944, cinq jours avant que la division Das Reich n’assassine 643 civils.
À peine lancé, Oradour, ne m’oublie pas suscite déjà l’appréhension du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane et de l’Association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane.
Dans un communiqué publié le 4 juillet 2025, les deux organismes et la commune s’émeuvent de n’avoir été ni « consultés ni informés en amont » et demandent à la chaîne et au ministère de la Culture « la plus grande vigilance » sur la teneur du projet.
Babeth Robert, la directrice du Centre de la mémoire, en appelle « à la responsabilité des auteurs et réalisateur vis-à-vis de la vérité historique » et s’inquiète que « des erreurs factuelles et des approximations puissent alimenter des discours révisionnistes ».
En France, comme en Allemagne, des négationnistes minimisent le rôle des SS dans ce crime de masse et voudraient faire porter une partie de la responsabilité aux résistants.
Or, comme le rappelle l’historien Fabrice Grenard, attaché à la Fondation de la Résistance, « Oradour était un bourg paisible où la Résistance ne s’était pas déployée. Le village a été choisi pour terroriser des Français ordinaires. Il ne faut laisser planer aucun doute sur ce qui s’y est véritablement passé ».
Y compris sous les dehors, a priori anodins, d’une fiction sur fond de romance contrariée par la guerre — le héros est censé retrouver son premier amour. Fallait-il mettre en scène un membre des FFL à Oradour-sur-Glane ?
« Là réside le cœur du problème », estime le chercheur.
Des consultants historiques ont-ils conseillé les scénaristes ?
Mediawan, qui co-produit le téléfilm, « attend des éléments de langage du réalisateur » avant de s’exprimer et TF1 n’a pas souhaité prendre la parole.
D’après un texte d’Emilie Gravoille – Télérama. N° 3940. 16/07/2025
Un avis de RB
Dans le contexte d’aujourd’hui, je suis inquiet de ce que la télévision spectacle peut faire d’un fait historique indéniable.
Il n’est pas acceptable que l’on ne puisse pas connaître le synopsis de ce téléfilm.
La question est il raisonnable de faire un téléfilm de ce massacre d’Oradour-sur-Glane, village français, par les Waffen SS, soldats allemands nazis ?
Pour moi, la réponse est non !
Avec le cinéma l’histoire n’appartient plus aux historiens, mais déjà les politiques se l’étaient attribuée jouant sur les commémorations.
Honte à tous ceux qui ternissent la vérité historique. Comment ose-t-on détourner dans des films des sériés des événements historiques avérés ? Oui, je sais il y a les incrédules qui affirment que la terre est plate, que les exactions et crimes de guerres n’ont pas existe, et même que la Shoah est une pure invention ou… ajouté les génocides dans le monde, vouai mais c’était souvent pour le bien… de quelques-uns.