Grok abrutit ses utilisateurs

… un inquiétant affaiblissement de l’esprit critique.

X (ex-Twitter) est devenu un champ de bataille politique, surtout depuis l’acquisition par Elon Musk en 2022, et a introduit en 2024 une nouvelle fonctionnalité en accès libre, Grok.

Cette intelligence artificielle (IA), que l’on peut appeler en message privé comme un pote qui glisse sous la porte, est devenue le joker des vérifications d’infos sur Twitter, un peu comme un super-héros des débats ! On en est presque à lui déléguer notre effort argumentatif, un peu comme on demanderait à notre chat de chasser les souris ! Sous les tweets de n’importe quel politicien (ou d’un cousin éloigné), on voit souvent notre ami Grok à l’œuvre.

Une économie de la paresse.

Cette intensification de l’emploi de l’IA intervient à un moment où celle-ci est sous les feux des critiques : le réseau social X est accusé d’avoir un algorithme qui favorise l’extrême droite, à tel point qu’une partie des utilisateurs a fait le choix de quitter le réseau.

A la base se pose la question : pourquoi les utilisateurs se tournent-ils vers l’IA se peut-il qu’ils veuillent verifier certaines informations ou étayer leurs propos ?

« J’ai l’impression qu’en l’interpellant en public, sa réponse sera lue par les autres et qu’elle pourra leur montrer que j’ai raison s’il confirme mes propos, répond Arthur (le prénom a été modifié), un usager de X. C’est un peu une manière de dire que j’ai mes sources, et j’ai l’impression que face à Grok, les gens osent moins me contredire ».
[…]

De quoi l’utilisation de Grok est-il le symptôme ?

D’un monde marqué par l’ultra-défiance en l’info relayée, l’IA semble devenir aux yeux de certains un outil incontestable pour remettre en doute des contenus, sans jamais que l’outil soit remis en doute.

« Les gens vont essayer de se raccrocher à un simulacre de références, ici Grok, analyse Dominique Boullier. Ce n’est pas cela la pensée critique. Cette faillite est plus importante qu’on ne le pense : on attribue des vertus à ce qui ne mérite pas d’en avoir. »

L’IA n’est ni un Dieu, ni omnisciente, et surtout pas neutre.


Camille Aubertin


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