… a mis un bas de laine sur l’économie !
Les ménages français ont épargné au début de cette année (premier trimestre) en moyenne 18,8% de leurs revenus. Du jamais vu depuis la période du Covid et de ses confinements. C’est quatre points de plus qu’avant cette crise sanitaire, trois points et demi de plus que la moyenne dans l’Union européenne.
« Et alors ? », direz-vous.
Ce qui est épargné n’est pas consommé, pas dépensé.
Sept ménages sur dix disent restreindre leur consommation, selon l’étude publiée mercredi dans la note de conjoncture de l’Insee.
Le résultat, c’est une croissance atone, de 0,6 % cette année. Et un chômage qui va se gonfler de 210 000 suppressions d’emplois en un peu plus d’un an, pour atteindre le taux de 7,7 % en décembre.
Plus d’argent, plus d’épargne
Comment l’expliquer ? « Manque de confiance et incertitude » des acteurs économiques, répond l’Insee. L’évolution du taux d’épargne montre une forte diminution après la fin de la crise sanitaire, à moins de 17 % en 2022. Puis le taux a d’abord stagné en 2023, avant de repartir à la hausse en 2024, dès le deuxième trimestre.
En clair, la guerre en Ukraine a d’abord freiné la reprise de la consommation post-Covid, et cela dans l’ensemble de l’Europe. Mais des raisons franco-françaises ont pris le relais : la dissolution imposée par Emmanuel Macron le 9 juin, sa longue hésitation sur le choix d’un Premier ministre pour une Assemblée sans majorité, l’absence de budget durant les deux premiers mois de l’année.

Les ménages épargnant le plus sont naturellement les plus aisés, et le plus souvent en vue d’un investissement immobilier, précise l’Insee. Les ménages plus modestes épargnent pour « avoir des réserves en cas de coup dur ». Et un quart des ménages vivent sur leurs réserves ou s’endettent — pour eux, rien de changé. Dans une étude annexe, l’Insee confirme que lé’ taux d’épargne augmente avec l’âge.
Résultat : la revalorisation des pensions, qui a suivi avec un décalage le ralentissement de l’inflation, ne s’est pas traduite en hausse de la consommation, mais de l’épargne – pesant pour les deux tiers dans la hausse du taux entre 2023 et 2024.
Attention, « consolidation » !
Et maintenant ?
L’Insee table sur une (timide) baisse du taux d’épargne, source d’un peu plus de croissance. Mais elle ajoute que, « contrairement à ses voisins, la France entame juste sa consolidation budgétaire ». Des mesures forcément douloureuses sont attendues en juillet pour le projet de budget 2026, qui pourraient conduire à un nouveau coup de froid sur la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. L’économie française n’est pas sortie du bas de laine.
Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. 19/06/2025
18,8% ça me paraît beaucoup. D’autant que ça ne concerne qu’e 75% des français si on réajuste la moyenne à ces 75% on monte à 23% d’épargne. Économiser un quart de ses revenus c’est beaucoup. Je me demande si cette campagne ne vise pas une nouvelle taxe, il y a eu celle sur les logements vacants, vont il taxer l’épargne?