… les examinateurs en alerte face aux nouvelles formes de triche.
Avoir une longueur d’avance sur les candidats qui veulent déjouer le système. Les examinateurs du bac vont devoir redoubler de vigilance face aux risques de fraude et encore davantage circuler entre les rangs lors des prochains examens. Car après le démarrage des épreuves écrites du bac professionnel la semaine du 12 mai 2025, celles du bac général et technologique débuteront le vendredi 13 juin 2025 avec l’épreuve anticipée de français suivie de la philosophie le lundi 16 juin 2025.
Des détecteurs de smartphones à l’insu des candidats
Et si la triche à l’examen reste rare, elle est en légère augmentation et apparaît sous de nouvelles formes. « L’an dernier, 560 cas de fraudes ont été examinés par la commission disciplinaire du baccalauréat, soit 69 cas de plus qu’en 2023 », a indiqué ce vendredi Caroline Pascal, directrice générale de l’enseignement scolaire (DGESCO).
Plus de la moitié des sanctions avaient trait à l’utilisation de smartphones, tablettes et autres appareils connectés (notamment les montres ou les oreillettes), près de 28 % à une antisèche et 4,7 % à l’utilisation d’intelligence artificielle générative, ou encore 3 % au plagiat de documents trouvés sur internet.
« Sur ces 560 cas, 404 ont été sanctionnés (soit 72 %). Parmi eux,16 candidats ont écopé d’une interdiction de passer un examen pendant 5 ans et 223 d’une interdiction avec sursis », relève Caroline Pascal.
Rien qui pourrait masquer d’éventuelles oreillettes
Les correcteurs s’inquiètent particulièrement d’une potentielle augmentation de fraude liée à l’IA, « concrètement, des candidats qui utilisent ChatGPT depuis leur téléphone », précise Caroline Pascal. L’an dernier, un candidat alsacien avait ainsi été soupçonné d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) lors de l’épreuve de philosophie du baccalauréat. Avant d’être finalement relaxé.
Autre point d’alerte : l’utilisation d’oreillettes. « La réglementation veut que tout élève qui arriverait avec quelque chose qui masque ses oreilles, doit montrer qu’il n’a pas d’oreillette », rappelle Caroline Pascal.
Pour se prémunir de ces risques, tous les centres d’examen veillent à ce que les appareils non autorisés soient éteints et rangés dans un coin de la salle. Et toutes les académies sont équipées de détecteurs de smartphones, dont le nombre et l’emplacement sont confidentiels. « Les recteurs répartissent ces appareils de façon aléatoire et veillent à les faire circuler entre les centres d’examen tout au long des épreuves », précise Caroline Pascal. Histoire qu’aucun tricheur ne se sente à l’abri.
Delphine Bancaud. Le Dauphiné Libéré. 08/06/2025