La colère froide du président du Crédit Mutuel.
Daniel Baal a fustigé, ce vendredi 23/05/2025 à Strasbourg, les projets « dangereux » d’euro numérique de la Banque centrale européenne et d’accès aux données financières voulu par la Commission européenne.
Si le Crédit Mutuel, dont le siège est à Strasbourg, a toujours défendu la construction européenne, son président, Daniel Baal, a dénoncé, vendredi, deux projets majeurs qui, selon lui, mettent en péril l’avenir du système financier français et continental.
Le patron de la 9e banque européenne, qui emploie 77 000 personnes, a d’abord fustigé le projet d’euro numérique de la Banque centrale européenne (BCE).
« Nous partageons l’objectif : les Européens doivent pouvoir payer en euro, partout, à tout moment, de manière sûre et pratique. Depuis 4 ans, des ressources publiques et privées considérables sont mobilisées pour ce projet. Mais les bénéfices pour les citoyens de l’Union ne sont toujours pas établis ».
Et de poursuivre : « Dans de très nombreux pays, comme la France, l’euro digital existe depuis longtemps et permet de payer sans difficultés en Europe. Alors qu’est-ce qui justifie cet euro numérique ? Il est une solution qui cherche son problème.
L’euro numérique, c’est même un projet qui crée des problèmes. D’ailleurs, le Canada, les États-Unis, l’Australie ont fait le choix d’abandonner une telle idée », a souligné Daniel Baal selon qui « l’euro numérique risque d’affaiblir les bilans bancaires ».
« Moins de dépôts, c’est tout simplement moins de crédits distribués et donc moins d’investissements, moins de croissance », assure le président du Crédit Mutuel.
Un autre projet, le Financial Data Access (Fida), porté par le Commission européenne, suscite le courroux de Daniel Baal. « Le libre accès aux données des banques et des assurances obligerait les banques et les assureurs européens à organiser leur propre hold-up par des entreprises étrangères ! Il tourne le dos aux avancées du règlement général de protection des données, initiative européenne qui est reconnu à travers le monde.
Fida est en réalité le cheval dé Troie des ambitions des Google, Facebook et consorts dans la banque et l’assurance. Elon Musk aurait pu l’écrire ! Ils en rêvaient, sans doute sans y croire. Et l’Europe le fait, sans doute sans y avoir suffisamment réfléchi », a dénoncé le président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, regrettant « le choix d’un ultra-libéralisme débridé […] qui porterait profondément atteinte à la souveraineté européenne. Espérons que les eurodéputés seront mieux inspirés que les apprentis sorciers bruxellois », conclut Daniel Baal.
Laurent Bodin. Le Dauphiné Libéré. 24/05/2025.
Oui il faut résister à ces projets déments d’une bureaucratie qui vit en dehors de.la société des humains
Le cri d’alarme de Daniel Baal est non seulement justifié, mais il met le doigt sur des enjeux cruciaux qui dépassent la simple question bancaire.
Concernant l’euro numérique, l’argument de la « solution qui cherche son problème » est d’une lucidité frappante. Le risque de désintermédiation bancaire, c’est-à-dire le déplacement des dépôts des banques vers la BCE, n’est pas anodin. Moins de dépôts, c’est effectivement moins de capacités de crédit pour les entreprises et les ménages, ce qui affaiblit directement l’économie réelle et la croissance. Cela pourrait même fragiliser structurellement notre système bancaire.
Quant à FIDA, le qualificatif de « cheval de Troie des ambitions des Google, Facebook et consorts » est on ne peut plus pertinent. L’Europe a été pionnière avec le RGPD en matière de protection des données. Il serait paradoxal, voire suicidaire, de faire marche arrière sur cette souveraineté numérique pour ouvrir grand la porte aux géants américains, avec les risques d’exploitation et de concentration de pouvoir que cela implique.
Ce débat n’est pas seulement financier, il est fondamentalement politique et touche à la souveraineté européenne. Comment concilier l’innovation et l’ouverture des marchés sans sacrifier notre protection des données et la stabilité de notre système financier ? C’est la question que les eurodéputés doivent se poser.
Merci pour cet excellent article qui éclaire si bien ces dangers !
Pour mieux contrôler… et peut-être même pour mieux taxer, qui sait ?
https://chroniquesdiverses.com/euro-numerique/
Le pillage de notre pays continue avec méthode et obstination dans tous les domaines !
Demain on va fêter l’anniversaire de la première réunion du Conseil National de la Résistance.
Tout une époque de souffrances vécues mais ô combien ambitieuse et de jours heureux à venir !
Que cet anniversaire inspire nos politiques !
RBLAPLUME