Les foules qui se sont rassemblées à Rome pour rendre hommage au pape François disent quelque chose du respect porté à un souverain pontife de combat pour les droits humains et la paix. En ce sens, elles ont, avec force, contredit les cultivateurs de haine des plateaux de télévision « bolorisé », le vicomte de Villiers les évangélistes et aux autres catholiques identitaires états-uniens.
Cela rend, plus obscène encore, les images des hypocrites chefs d’État comme Trump ou Milei agenouillés devant le cercueil de celui qu’ils n’ont cessé de conspuer lorsqu’il s’élevait contre la violente maltraitance des immigrés.
Le pape François, le pape des périphéries s’était rendu dès l’année 2013 à Lampedusa pour combattre « la mondialisation de l’indifférence » face aux drames des migrants qui se noient dans la Méditerranée.
En 2023, il n’avait pas manqué lors de son voyage à Marseille de dire son aversion pour les lois dites « immigration » du gouvernement de la France.
Notre pays, pourtant berceau de la Déclaration des droits de L’Homme et du citoyen.
Ce pape s’était proposé, en vain depuis des mois, avec d’autres chefs d’État de grandes nations d’être médiateur pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Il ne manquait jamais également une occasion de soutenir au peuple palestinien contre les tentatives du pouvoir extrémisé d’Israël de vider Gaza de ses habitants. Du reste, le gouvernement colonisateur de Tel-Aviv détruit les oliviers et les équipements appartenant au Vatican sur la terre de Palestine.
Il y a plus qu’un grand écart entre les paroles et les actes du défunt pape et ceux qui, assis au premier rang de la basilique Saint-Pierre, portent les responsabilités des malheurs actuels du monde et des fractures qui l’écartèlent.
Pire encore, avec la collaboration du bruyant complexe du média-business, ils ont profité de cette journée d’hommage pour surjouer la « société du spectacle » sur les pavés cirés du Vatican, pendant que dehors, dans plus d’une centaine de conflits et de guerres, des êtres humains se font trouer la peau, chasser de leurs modestes demeures, exploiter dès l’enfance, pendant que la nature, pillée et polluée sans limite, n’en finit plus de perdre sa sève.
Le comble de ces insupportables exhibitions a été atteint avec la mise en scène, qui a ébloui tant de journalistes aux repères élimés et à l’esprit critique fatigué, d’un faux face à face entre Trump et Zelenski sous les voûtes de la cathédrale Saint-Pierre, désertées comme par miracle le temps de la photo prévue pour faire le tour du monde. Comme si, on pouvait arrêter la guerre meurtrière qui s’abat sur l’Ukraine depuis trop longtemps, comme ça, entre dirigeants soudains touchés par la grâce…
Derrière cette funeste comédie, se joue pourtant l’intégrité territoriale de l’Ukraine et ses richesses, que veulent se partager les oligarques américains et russes.
Au-delà, se joue la possibilité de la construction d’un mécanisme de sécurités communes européennes et l’invention d’un nouveau type de coopération entre peuples et nations.
Or, l’espace politique et médiatique est boursouflé des velléités de « gagner des guerres ». Jamais « de gagner la paix ». Les puissants de ce monde cultivent profondément le dangereux concept « d’économie de guerre » alors qu’il faudrait faire germer « l’économie de la paix ».
Patrick Le Hyaric. La lettre du 04/05/2025 (Extraits)
Je reste circonspect sur ce pape donneur de leçons mais ne regardant jamais le fond des problèmes visés. Le continent le plus riche qui voit sa jeunesse risquer sa vie pour partir, ça ne posait pas question!