Est-ce cela l’«ensauvagement» !

Rodéos urbains : la lutte s’intensifie

Elle s’appelait Alice Richard. Cette jeune femme de 24 ans a été tuée, fauchée par un automobiliste qui se livrait à un rodéo urbain le 31 mars 2024 sur le port de Brest.
Lundi, il a été condamné à 10 ans de prison ferme.

Les rodéos urbains sont devenus un véritable fléau. Samedi dernier, un conseiller municipal de Gariaguet en Gironde a été agressé alors qu’il demandait à une quinzaine de motards de cesser leurs dangereuses figures sur deux-roues, après avoir failli se faire renverser par une moto.
La veille, à Drancy (Seine-Saint-Denis), un policier a été blessé alors qu’il intervenait pour mettre fin à un rodéo urbain.

Confiscation, drones…

Quand ils ne conduisent pas à des tragédies, les rodéos urbains sont d’abord sources de nuisances. Chaque année en France, on enregistre en moyenne 25 000 rodéos. Depuis plusieurs années, la lutte pour les stopper s’intensifie.

La confiscation des véhicules tend par exemple à se généraliser, alors qu’elle était jusque-là peu appliquée. « En-2024, on a enregistré 3 000 confiscations », indique Éric Henry, délégué national du syndicat Alliance Police nationale.

Toutefois, la confiscation ne peut être prononcée que si le véhicule appartient à l’auteur du rodéo. Or, « la majorité des rodéos se font avec des véhicules volés », nuance le syndicaliste.

La difficulté pour les forces de l’ordre demeure l’interpellation des délinquants. Souvent, ces derniers se volatilisent à l’arrivée des policiers, et les prendre en chasse peut parfois s’avérer dangereux.

Pour les aider, les policiers ont recours aux drones. Plusieurs avantages : cela leur permet de suivre à distance les auteurs sans faire prendre de risque aux équipages et à la population. Ils peuvent ensuite interpeller les individus au moment le plus opportun, quand les véhicules impliqués sont arrêtés ou stationnés par exemple. De plus, les drones peuvent permettre d’identifier les auteurs afin de faciliter leur interpellation par la suite.

Prendre en chasse les auteurs de rodéos en fuite peut toutefois être possible, mais pas n’importe comment. La « note 89 » régit les conditions sous lesquelles une course-poursuite peut être engagée par les policiers. Elle exige que la poursuite d’un véhicule ne puisse être liée qu’à des faits d’une grande gravité comme la fuite ou l’évasion d’un individu dangereux, ou encore la traque d’un auteur d’un crime de sang.

En revanche, « à Paris, les policiers peuvent poursuivre un véhicule refusant d’obtempérer grâce à un simple accord du centre de commandement », souligne Eric Henry. En mars, Laurent Nunez avait en effet rappelé que chaque refus d’obtempérer faisait l’objet « d’une prise en charge systématique par les effectifs de police ». Selon Eric Henry, cela constitue « une inégalité entre les territoires ».

De ce fait, le syndicat Alliance Police nationale réclame « une harmonisation des pratiques sur l’ensemble du territoire afin que les policiers soient sécurisés juridiquement et administrativement ».


Alexandra Simard. Le Dauphiné Libéré. 10/05/2025


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