Cette semaine : je brûle d’une joie incommensurable à voir les réseaux sociaux inondés d’images fabriquées par les IA pour le plus grand bonheur des humains.
Qu’est-ce qu’on rigole !
Depuis quelques semaines, les vannes de l’IA ont été largement ouvertes par les géants de la tech. Les restrictions concernant la création d’images impliquant des personnalités sensibles comme les politiciens ont été levées par OpenAI, qui a en outre intégré son outil de création graphique à ChatGPT et l’a doté de filtres permettant de générer des images directement inspirées par les dessins animés du Studio Ghibli.
Depuis, c’est une avalanche d’images créées artificiellement qui déferle sans discontinuer sur les réseaux sociaux, les modes se succédant à toute vitesse, la dernière en date consistant à produire des « starter packs », c’est-à-dire des personnalités sous forme de figurines avec leurs accessoires dans un emballage, comme des Barbie. La demande est si forte que la consommation électrique des serveurs explose.
L’envol des IA voleuses
Quelle formidable invention, tout de même ! Il y a de cela quelques semaines encore, nous ignorions que nous étions des artistes en puissance, et maintenant, chacun de nous est devenu l’égal des plus grands créateurs ! Et ce qui est remarquable, c’est qu’il n’y a pas besoin de payer de droits d’auteur puisque, comme d’habitude, les IA ont tout volé sur le web.
Voilà qui remet ces arrogants artistes à leur place ! Ah, ils se croyaient plus intéressants que les autres, ils pensaient bénéficier d’un don qui les rendait uniques, eh bien, c’est fini tout ça !
Désormais, n’importe quel débile dénué de talent peut en quelques secondes faire aussi bien que ces idiots qui ont passé leur vie à peaufiner leur technique ! Moi qui n’ai jamais su colorier sans dépasser les bords, je me sens enfin vengé par les machines !
Enfin, c’est vrai quoi à la fin, pourquoi est-ce qu’on a ainsi voué un culte aux génies depuis que l’art existe ? C’est totalement injuste ! Ces types n’ont rien de plus que moi. À quoi leur sert leur talent, à ces parasites, désormais que les robots pillent leurs œuvres à tire-larigot ? À rien ! Ils devraient peut-être revoir leur projet de vie et se chercher un vrai travail !
La fin des enfumeurs
Ce qui est certain, c’est que ces chevelus nous ont bien enfumés pendant les siècles de leur domination. À nous faire croire que le travail acharné, les recherches, l’inspiration, le goût, le courage, le temps, la volonté étaient indispensables pour créer. Rendant cet acte presque divin, transcendant. Rien de tout ça n’est exact, on le sait dorénavant.
Pour créer, il faut juste de l’électricité et une connexion internet. Et ensuite ça se fait tout seul ! On se doute bien que les artistes vont commencer à se révolter, à dénigrer les créations de l’IA fomentées par r n’importe quel quidam.
Pure jalousie, évidemment ! Ils veulent garder pour eux le sentiment grisant du démiurge qui extrait du néant les images les plus fascinantes. En tout cas, moi, depuis ce matin, j’ai déjà produit 150 créations originales diverses, dont même des dessins de presse absolument tordants, et précisément des starter packs de moi dans un plein de situations rigolotes. Et je ne vais quand même pas m’arrêter en si bon chemin sous prétexte que ça pollue, ou bien ?
Professeur Junge, phare de la pensée contemporaine. Vigousse 18/04/2025
Imbécilité Artificielle, comme si la « naturelle » ne suffisait déjà pas !