TikTok avait juré : pas de ça chez nous !
Las, la supercherie est bien trop facile à déceler. Il suffit de se rendre sur la plateforme pour le constater : les « lives » — c’est-à-dire la diffusion de vidéos en direct — de mendicité sont omniprésents.
Sur l’un, on peut voir cinq enfants, tous assis en tailleur, le regard morne, ils ne s’agitent que lorsqu’ils reçoivent un « cadeau virtuel », dont la valeur va de 1 centime à plusieurs centaines d’euros.
Même chose sur un autre live, où l’on aperçoit un vieil homme en fauteuil roulant ; là deux jeunes femmes allongées à même le carrelage ; ici sept garçonnets les mains tendues.
Selon une étude menée par des associations de protection de l’enfance, depuis le début de l’année 2025, ces lives proviennent essentiellement d’Indonésie, du Pakistan, de Syrie, d’Afghanistan, d’Égypte et du Kenya.
Et si cette pratique est officiellement blâmée par la plateforme chinoise, officieusement, elle s’en repaît allègrement.
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Selon une enquête de l’Observer, ces vidéos en direct sont même promues par les algorithmes, TikTok touchant une commission pouvant atteindre 70 % à chaque cadeau virtuel reçu.
Une manne financière importante pour les deux parties, donc, ce qui conduit parfois les utilisateurs à une surenchère ignominieuse pour attiser un peu plus la pitié des spectateurs.
Sans compter, soulignent les associations, qu’il est bien possible que les gosses mendiants soient exploités par des réseaux organisés. Et puis après, quitte à faire des mioches, autant que ça rapporte.
Lorraine Redaud. Charlie Hebdo 23/04/2025