… aux chercheurs américains
L’info vue par deux médias
Avec sa plateforme « Choose France for Science » (Choisissez la France pour la science), lancée jeudi, la France invite les chercheurs du monde entier à venir poursuivre leurs recherches dans l’Hexagone. Un message plus particulièrement destiné aux scientifiques américains, à l’heure où l’administration Trump mène une véritable opération de destruction de la recherche aux États-Unis. « Ici en France, la recherche est une priorité, l’innovation une culture, la science un horizon sans limite », a déclaré Emmanuel Macron vendredi18/04/2025, en donnant rendez-vous le 5 mai, à Paris, aux scientifiques de toute l’Europe.
La plateforme « Choose France for Science » va permettre de recenser les projets d’accueil de chercheurs internationaux prêts à venir – s’installer en Europe.
Les thématiques de recherche de ces projets doivent porter notamment autour de la santé, du climat et de la biodiversité, du numérique et de l’intelligence artificielle, de l’espace ou encore de l’agriculture.
Ces dernières semaines, l’administration Trump a coupé les financements de plusieurs universités américaines réputées. Ces établissements se voient reprocher l’existence de programmes « wokistes » et des faits d’antisémitisme.
La bataille, qui se veut avant tout culturelle aux yeux de Donald Trump, représente une véritable menace pour de nombreux scientifiques.
Quel financement ?
La France entend donc prendre le contre-pied de la dérive du président Trump, en se positionnant comme terre d’accueil des chercheurs américains malmenés.
Le Dauphiné. 20/04/23025
Le grand raout le 05 mai 2025, point d’orgue de cette drague printanière, suscite des crispations dans l’Hexagone. De nombreuses voix dénoncent un exercice de communication « indécent » à l’heure où la recherche française est exsangue.
Le diplomate Gérard Araud se dit par exemple « effaré » par le discours du gouvernement, en décalage complet selon lui avec les conditions réelles d’activité en France. « En tant qu’ambassadeur aux États-Unis, je n’ai cessé d’y rencontrer des chercheurs français qui auraient préféré revenir dans leur pays mais qui se heurtaient aux conditions qu’on leur y offrait en termes de rémunération et de laboratoire », explique-t-il, à l’unisson des principaux concernés.
Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux, professeurs des universités, enseignants, à ironiser effectivement sur la campagne du gouvernement. S’ils approuvent l’idée d’accueillir leurs confrères du monde entier, qui plus est quand leur liberté académique est menacée, ils pointent, pour la plupart, le manque chronique de moyens dont souffre déjà la recherche française. « Les universités gèlent des postes. Des centaines de jeunes chercheurs prometteurs ne peuvent faire carrière. Les déplacements en conférence sont réduits… », énumère par exemple l’économiste David Cayla, en estimant « indécent » le discours du chef de l’État.
Un constat de dénuement partagé, et susceptible de faire naître de nouvelles craintes sur les conditions de travail, comme l’explique Serge Haroche, le prix Nobel de physique 2012 et professeur émérite au Collège de France dans les colonnes du Parisien. « En France, la recherche n’est pas suffisamment soutenue, donc il ne faudrait pas que ces budgets soient pris sur des moyens existants, explique-t-il ce dimanche 20 avril, Cela ne serait pas convenable, et alimenterait les tensions. »
Les universités en France sont dans le rouge, la plupart ont terminé l’année 2024 en déficit. Et la situation alarmante de la recherche est documentée : l’État consacre moins d’argent qu’ailleurs au monde scientifique, les chercheurs sont moins bien payés, et les coupes budgétaires menacent de se poursuivre. Comment, dès lors, accueillir des « centaines » d’universitaires étrangers, comme l’espère le gouvernement ?
Anthony Berthelier. Huffington Post. Source (Accès libre)
Une réflexion sur “La France ouvre grand les bras…”