Marine torpillée de Suisse.
Dans la grande bataille vénale qui se jouait au Tribunal judiciaire de Paris, Marine Le Pen a sévèrement pris l’eau. Condamnée à quatre ans de prison, dont deux « ferme », et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics, la figure de proue du RN a quitté la salle avant même la fin de renoncé du verdict Touchée.
Touchée, mais pas coulée puisque, quelques heures plus tard, la capitaine d’extrême tribord refaisait surface sur le plateau du 20h de TF1 pour clamer son innocence, vilipender l’acharnement de la juge à son encontre et brailler sa volonté de reprendre la bataille. Après avoir hurlé au procès politique et chouiné que la démocratie avait été bafouée au pays des droits de l’Homme, elle s’est souvenue qu’elle avait été avocate.
Une avocate qui réclamait à grands cris des « peines exemplaires » à l’encontre d’adversaires pris dans les mailles de mêmes filets, mais qui s’est lancée alors dans une vibrante plaidoirie, alignant les arguties pour expliquer que jamais au grand jamais, il n’y avait eu d’enrichissement personnel, ni d’avantages retirés. Et que donc, finalement, tout ça n’était qu’un vaste complot de ses opposants pour la priver, elle, la représentante de millions de Françaises et de Français, d’une élection à l’Élysée qui, sans cet « accroc », allait quasiment de soi.
Passant le crime sous le tapis, elle noyait le poisson en réduisant les millions d’euros détournés à une banale péripétie de l’Histoire.
Pour étayer sa diatribe, elle aurait encore pu citer les grands démocrates de ce monde qui, sitôt le verdict connu, ont instantanément volé à son secours : le porte-parole du Kremlin, Viktor Orban et même l’incontournable Elon Musk.
Autant de hérauts de la liberté d’expression et des valeurs vraies de la démocratie authentique.
C’est dire… Bref, le monde a vécu un nouveau moment un peu surréaliste : d’un côté une justice qui applique les sanctions prévues pour un délit avéré et, de l’autre, la Marine française qui lui dit m…
Et le pire, c’est que la posture victimaire a fonctionné : la justice va traiter en rappel en un temps record. On n’en est plus à un passe-droit près… !
Philippe Clément. Vigousse. Vendredi 4 avril 2025.
Traiter en appel en un an et demie ce n’est pas un passe droit contrairement à l’affirmation de Philippe Clément. Cela dit les peines immédiates sont une anomalie, sauf s’il y a risque de voir le condamné se dérober. Ce qui n’est pas le cas en ce qui concerne MLP.
Ai-je Correctement analysé le verdict si je pense que le jugement correspond au délit caractérisé.
Il me semble qu’en prononçant une peine immédiate le jour le jugement voulait surtout éviter une récidive au détournement de fonds européens. Dans le même temps Jordan Bardella s’est fait épingler pour avoir voulu rémunérer avec des fonds dispatchant la rémunération des députés européens !
Bien que sans certitude, il me semble que Marine Le Pen et surtout le parti RN dans son ensemble, voudraient démontrer que la justice est partiale. Étonnant lorsque l’on sait que la dame est avocate de formation…
Si l’on se réfère au jugement certain, d’un-e citoyen-ne lambda ayant dérobé une telle somme à l’État français ou à l’Europe, elle, il se retrouvait directement dans une geôle d’État.