De moins en moins…

… service public… « La Poste  » d’aujourd’hui prétendant être un service public, n’est plus un service AU PUBLIC, mais une suite « commerciale ouverte à toutes manipulations ».
La Poste Télégramme Téléphone (PTT) d’hier est bien ensevelie, détruite par une volonté de concurrence et de rentabilité, exigée par Bruxelles. MC

« La Poste peut et doit rester un vecteur de proximité »
Nathalie Coffin croit viscéralement en l’avenir de La Poste, dont elle est la directrice générale adjointe.

  • Vous affirmez que La Poste doit passer d’un service universel à une mission de proximité. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

« La Poste a quatre missions de service public : l’accessibilité bancaire, la distribution de la presse, l’aménagement du territoire et le service universel postal. Mais c’est un fait, la lettre a considérablement baissé.
En quinze ans [entre 2010 et 2025 NDLR], nous sommes passés de 18 milliards d’objets à 5 milliards avec une baisse entre 8% et 10 % en moyenne chaque année. Pour autant, je crois que tout le monde – à commencer par les postiers et les postières – souhaite le maintien des agences postales et des facteurs sur le terrain.
 L’idée est de travailler pour que le service universel postal devienne un service universel de proximité. D’abord au bénéfice des personnes âgées, pour les aider à rester à domicile le plus longtemps possible, en leur livrant des repas et médicaments, et plus largement au bénéfice de tous, en contribuant à la détection des fragilités.
Nous contribuons aussi à la lutte contre la fracture dans les territoires. Par exemple, dans les maisons France Service, vous pouvez faire vos démarches administratives, ou encore dans nos bureaux, où ce sont chaque année 2,2 millions de personnes que nous aidons dans le cadre de notre politique d’inclusion numérique ».

  • Élus et habitants des zones rurales déplorent la disparition des services postaux. Une question de rentabilité ?

« La mission qui nous est dévolue par l’État est de conserver nos 17 000 points de contact, également répartis sur le territoire à moins de 5 km ou à moins de 20 minutes en voiture.
 C’est notre cahier des charges. Mais en fonction de la réalité du terrain, ces bureaux de poste peuvent être des agences postales communales ou des relais commerçants.
Cela permet non seulement de conserver une présence sur l’ensemble du territoire, mais aussi d’offrir de nouveaux services, comme le passage du Code de la route à La Poste de Reims par exemple ou bien un syndicat d’initiative à Cargèse en Corse ».

  • Ces nouveaux services suffiront-ils à compenser les pertes d’activité du courrier ?

« Sur les 800 000 personnes qui franchissent les portes d’un bureau de poste chaque jour quelque part en France, 100 000 le font pour les nouveaux services que nous proposons : dépôt ou réception de colis hors domicile Colissimo, Chronopost ou Vinted. L’idée est de développer la fréquentation pour offrir plus de services au plus près des territoires. »

  • Entre la réduction des dépenses publiques et une main-d’œuvre parfois difficile à fidéliser, quelle est votre vision de La Poste de demain ?

« Je porte l’idée que La Poste a un avenir : Elle a un rôle essentiel à jouer pour contribuer à la cohésion des territoires et accompagner les plus fragiles. Ces services que rend La Poste sont indispensables et ils ont une vraie valeur économique en contribuant à la prévention et en réduisant les exclusions. La Poste peut et doit rester un vecteur de proximité. Dans notre pays, la dernière personne à qui on ouvre sa porte, c’est le facteur. Le bénéfice social est énorme. Cette mission, nous continuerons de l’assurer ».


Boris Ivanoff Le Dauphiné 22/04/2025


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