Dans l’indifférence mondiale

La visite de Benyamin Netanyahou en Hongrie jeudi 3 avril 2025, accueilli à bras ouvert par Viktor Orban en dépit du mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Internationale, renforce le sentiment d’impunité du dirigeant israélien. Celui-ci n’a pas hésité à reprendre les bombardements à Gaza alors que la première phase du cessez-le-feu conclu avec le Hamas le 15 janvier 2025 venait à peine de s’achever.

Benyamin Netanyahou ne cache plus sa volonté de mettre en place le plan de Donald Trump de vider Gaza de sa population. Bien qu’affirmant que les déplacements de Palestiniens seront « volontaires », Israël a suspendu, il y a déjà un mois, toute entrée de l’aide humanitaire et alimentaire dans la bande de Gaza.

Le sentiment de toute puissance de Benyamin Netanyahou s’illustre également par la recrudescence de violences commises par les colons israéliens en Cisjordanie, la violation du cessez-le-feu pourtant en œuvre au Liban, ou encore, par la progression de Tsahal sur le plateau du Golan syrien.

Alors que la catastrophe humanitaire s’aggrave, les réactions et les condamnations de la communauté internationale, notamment à l’égard du Premier ministre israélien, sont inaudibles, ce qui la rend, elle-aussi, en partie complice des évènements en cours.


Pascal Boniface. directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Source (Lecture libre) 


À son retour d’Égypte, où il a pris part à un sommet en présence du président égyptien et du roi de Jordanie, le président français a déclaré qu’il n’excluait pas la reconnaissance, par la France, d’un État palestinien. Cette prise de position pourrait intervenir au mois de juin lors de la conférence internationale pour la mise en œuvre de la solution à deux États organisée à New York, que la France coprésidera avec l’Arabie saoudite. Alors que le projet de « Riviera » à Gaza de Donald Trump trouve des relais au sein des élites dirigeantes israéliennes, l’annonce française vient en appui au plan approuvé par la Ligue des États arabes de reconstruction de la bande de Gaza.

Mais outre la dimension symbolique de ces propos – reconnaître un État signifiant reconnaître sa souveraineté – quel(s) effet(s) concrets une telle reconnaissance pourrait-elle avoir sur la politique internationale et la résolution du conflit israélo-palestinien ?

Bien que cette déclaration signe le retour de la France dans le dossier du Proche-Orient, le pays reste à la traîne vis-à-vis de certains de ses partenaires européens, l’Espagne et l’Irlande en tête, qui ont gagné en influence sur la question palestinienne depuis déjà de nombreux mois. Surtout, le fait qu’Emmanuel Macron conditionne la reconnaissance d’un État palestinien à la normalisation, en parallèle, des relations de certains pays, comme l’Arabie saoudite, avec Israël semble éloigner un peu plus encore les possibilités de la concrétisation de cette solution.


Source (lecture libre)


2 réflexions sur “Dans l’indifférence mondiale

  1. bernarddominik 11/04/2025 / 21h59

    Comme d’habitude Macron parle pour ne rien dire. Conditionner la reconnaissance de la Palestine est absurde et illogique. Ou les palestiniens sont en droit d’avoir leur état, ou Israël a le droit d’occuper la Cisjordanie et Gaza ce qui revient à dire que les palestiniens sont un « non peuple ». Si Macron reconnaît l’existence du peuple palestinien il ne peut conditionner la reconnaissance de la Palestine.

  2. ROLLAT Danielle Tatchou 92 ! 14/04/2025 / 22h12

    oui, au scandale « de l’indifférence mondiale », qui dure depuis des décennies…

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