C’était mieux avant – 3

Les statistiques disent que l’espérance de vie s’accrut grâce surtout à cette propagation civile et soudaine de l’hygiène.

L’hygiène féminine.

Avant, les obstétriciens ne se lavant pas les mains, les mères mouraient en couches de fièvre puerpérale. La mortalité des accouchées, comme celle des nouveau-nés, disparurent ou presque au long de ma longue vie.
Mineures légales, les survivantes du désastre natal n’avaient pas le droit de vote, pas de carnet de chèques à la banque, devait se couvrir la tête en entrant dans les églises et demander l’autorisation maritale pour toutes sortes de démarches.

De rares héroïnes faisaient des études supérieures ou manifestaient pour des droits que les mâles jugeaient indécents.
Devenue veuve, Marie Curie, si génial en physique et chimie qu’elle méritât de prix Nobel, dû endurer un douloureux calvaire parce que tels ou tels journaux l’accusèrent d’aimer un amant ; je ne me souviens pas que l’on ait visé le mâle ; nos mémoires de machinistes à oublier cette injuste douleur.
J’ai la souvenance qu’Édith cresson promue plus tard première ministre n’ait été mieux traitée par les journaux français.

Nos livres d’histoire publient encore ce mensonge que notre pays, jouissaient depuis plus d’un siècle du suffrage universel ; universel masculin s’entend.


Extrait de l’opuscule : « C’était mieux avant ». Auteur Michel Serres. Éd. Manifeste – le Pommier.


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