Après l’attaque au couteau…

… de Nantes, les pistes sécuritaires de Bayrou et Retailleau laissent perplexe face à la complexité du fléau

Avec la dernière attaque mortelle au couteau dans un lycée à Nantes, jeudi 24 avril 2025, le gouvernement se montre à la tâche.

  • Le ministre de l’Intérieur a déjà annoncé qu’il voulait intensifier « les fouilles » devant les établissements scolaires. Évoquant un « fait de société » et non un « fait divers », qui s’inscrit dans l’« ensauvagement » selon lui de la société, Bruno Retailleau a également appelé à ne pas « déconstruire l’autorité et la hiérarchie. »
  • Dans le même esprit, sa collègue à l’Éducation nationale Élisabeth Borne évoque des « contrôles aléatoires » aux abords des établissements.
  • Le Premier ministre explique envisager l’installation de portiques de sécurité devant chaque collège et lycées.

Autant de premières pistes qui laissent une partie de la classe politique sceptique et perplexes de nombreux experts. Ils appellent à une réponse plus large et préventive.

À partir de quel moment s’attaquera-t-on aux causes
plutôt qu’à constater les faits. MC

Encore faudrait-il qu’il y ait déjà du personnel en conséquence dans les unités scolaires comme dans l’ensemble des services de l’éducation nationale. Voilà qui est bien mal parti avec la restriction de tous les budgets des services publics dont évidemment celui de l’éducation nationale.
Pour qu’un système éducatif soit performant, il doit disposer de ressources humaines adéquates, formées et motivées, capables de répondre aux besoins des élèves. Malheureusement, les coupes budgétaires notables ont entraîné une diminution des effectifs, rendant ainsi difficile l’individualisation de l’enseignement et l’accompagnement des élèves en difficulté.
Dans un contexte où la complexité des enjeux éducatifs augmente, il est plus que jamais nécessaire d’investir dans le personnel éducatif afin de garantir à chaque élève une chance égale de réussir et d’épanouir son potentiel.

Pour autant, il faudrait regarder les causes réelles de cette dégradation, qui peuvent être multiples et complexes. Parmi celles-ci, on trouve la vision biaisée véhiculée par les médias télévisuels, exposant des massacres souvent diffusés en boucle, créant ainsi une banalisation de la violence. De la diffusion de films de plus en plus violents, qui glorifient des héros citadins aux mœurs généralement discutables, participant à la déconstruction des valeurs morales et éthiques.
Les reportages diffusés aux heures de grande écoute, mettant en avant la faculté de « trouver du blé » par des dealers — de plus en plus jeunes — « grâce » à leurs pratiques dans les cités, renforcent cette image dégradante de la réalité, normalisant des comportements qui devraient être abhorrés.
Par ailleurs, les jeux vidéo d’une cruauté sans nom, accessibles à tous les enfants et adolescents, deviennent une source de désensibilisation face à la souffrance humaine.
Ce phénomène est exacerbé par le fait que de nombreux enfants et adolescents sont laissés à eux-mêmes, car les deux parents travaillent dur pour boucler les fins de mois, se retrouvant ainsi à négliger la surveillance et le contrôle parental.
Dans ce contexte, les enfants profitent souvent d’une totale liberté afin de garantir un semblant de paix aux parents après des journées harassantes, ce qui les expose davantage à des influences néfastes et à l’absence d’autorité nécessaire pour poser des limites saines.

Michel


D’après un article signé Anthony Berthelier – Source original


3 réflexions sur “Après l’attaque au couteau…

  1. bernarddominik 26/04/2025 / 16h43

    Je ne suis pas certain que payer plusieurs surveillants supplémentaires résolvent ce type de problème. Si on écoute les jeunes délinquants ce qu’il en ressort c’est leur sentiment d’impunité. Alors la vraie question est : est on prêts à punir réellement pour supprimer ce sentiment? Et comment le faire? Le reste me semble spéculations sur la comète

    • Libres jugements 26/04/2025 / 17h47

      Vouloir annihiler les faits, ne résoudra jamais la cause profonde de ce que certains appellent « l’Ensauvagement » de la société.
      C’est d’abord et avant tout de se poser nombre de questions sur les causes pour trouver les remèdes.
      Michel

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.