« Notre économie connaîtra un essor […] Les emplois reviendront en force et la classe moyenne prospérera comme jamais auparavant. »
C’était le 19 juillet 2024, en conclusion de la convention républicaine, Donald Trump promettait une période florissante, inédite, pour l’Amérique, s’il revenait à la Maison Blanche.
Cinquante jours se sont écoulés depuis l’Inauguration Day, et le récit du président impétueux se heurte déjà à une série d’indicateurs décevants sur le front de l’économie.
Symptôme des craintes des opérateurs de marché sur la croissance américaine, la Bourse à New York a démarré la semaine lundi 10 mars 2025, sur une très forte correction, sur fond d’amorce de guerre commerciale entre les États-Unis et ses principaux partenaires.
- L’indice S & P500 regroupant les 500 plus grandes entreprises américaines a reculé de 2,70 %.
- L’indice Nasdaq, qui regroupe les sociétés technologiques, a chuté de 4 %, du jamais en une seule journée depuis 2022.
Interrogé dimanche par une journaliste Fox News, qui lui demandait s’il anticipait une récession, Donald Trump est resté très évasif. « Je déteste prédire les choses comme ça », a-t-il répondu, ajoutant qu’il y aurait une « période de transition ». De quoi alimenter encore les interrogations sur sa politique économique.
Faut-il s’attendre à un risque important de récession dans les prochains mois pour la première économie du monde ?
Les analystes n’ont pas tous la même lecture.
« Il n’y a aucun indicateur qui va dans ce sens-là. Et ceux, qui vont dans ce sens, ont une probabilité de défaillance élevée », soulève Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, l’un des principaux gérants d’actifs indépendants en Europe.
Une statistique publiée le 3 mars par la Réserve Fédérale d’Atlanta, qui a fait beaucoup de bruit, est à prendre avec des pincettes selon lui.
Celle-ci a nettement dégradé son estimation du PIB pour le premier trimestre 2025, avec un recul de 2,8 %. Mais cette chute dans l’indicateur est la conséquence « d’importations anormalement massives, car les entreprises ont fait des stocks », explique le stratégiste.
Mais deux autres éléments pourraient peser sur la croissance américaine.
« Le premier, c’est l’incertitude. On le voit très clairement dans les enquêtes des ménages et des entreprises. Elle commence à affecter le moral des acteurs économiques. Si vous n’avez plus de visibilité, vous repoussez certaines dépenses, des investissements, des embauches. S’il dure trop longtemps, ce contexte aura un impact sur la demande aux États-Unis », estime Enguerrand Artaz, stratégiste pour La Financière de l’Échiquier.
« Les droits de douane vont dans tous les sens, et touchent y compris ses alliés les plus proches. Aujourd’hui, Donald Trump a fait de l’ALENA (accord de libre-échange nord-américain) des confettis. Il y a une volonté de rupture de l’ordre établi, on est dans une situation inédite. Je n’ai pas le souvenir d’un grand pays occidental qui ait une politique économique aussi brutale et aussi imprévisible dans l’histoire récente », analyse Sylvain Bersinger, chef économiste au cabinet Asterès.
Les coupes dans le secteur public s’ajoutent à une dégradation du marché de l’emploi
Un autre élément est à prendre en compte. Les coupes annoncées dans les dépenses de l’État fédéral, par l’intermédiaire du DOGE (Département de l’efficacité gouvernementale), pourraient également avoir un effet sur l’activité. « Ces deux dernières années, il y a eu un niveau de soutien de dépense publique élevé. Même si elles ne sont pas aussi importantes que ce qu’Elon Musk et Donald Trump voudraient faire croire, les coupes sont quand même substantielles. En termes d’impulsion, cela peut avoir un impact négatif », ajoute Enguerrand Artaz. […]
Guillaume Jacquot. Public-Sénat. Source extraits (original en lecture libre)
En 49 jours Trump à changé 5 fois les taux de douane entre les usa le Mexique et le Canada. L’absence de visibilité sur la politique fiscale est catastrophique pour un chef d’entreprise; et bloque les investissements. L’agriculture américaine a de la peine à exporter les acheteur qe tournant vers des marchés plus surs. Quant aux ventes de Tesla elles s’effondrent. La potion Trump n’a pas les effets escomptés