« Les négociations sont finies », a affirmé dimanche la déléguée générale de la fédération patronale des supermarchés (FCD) Layla Rahhou. « L’atterrissage montre une quasi-stabilité qui sera bénéfique aux consommateurs après les années d’inflation que nous avons connues », assure-t-elle.
Débutées à la mi-décembre, les négociations commerciales entre la grande distribution et les acteurs de l’industrie agroalimentaire se sont officiellement terminées lé ler mars (comme le veut la loi), mais c’est bien dimanche que les conclusions ont été livrées.
Jus d’orange et café en hausse
Ces négociations fixent pour l’année en cours, les prix d’achat de milliers de produits du quotidien auprès des industriels, les grandes surfaces restant ensuite libres de pratiquer les tarifs qu’elles souhaitent pour vendre ces produits aux consommateurs.
Concrètement, les produits alimentaires de base comme les œufs et les produits laitiers ne vont pas connaître d’augmentation cette année, mais à l’inverse le jus d’orange, le café, le chocolat, devraient eux voir leur tarif s’envoler du fait de l’augmentation des matières premières au cours des derniers mois. « Tout est signé à quelques rares exceptions près », dit encore Layla Rahhou, même si « les grandes multinationales ont joué la montre ces 10 derniers jours, alors que (les contrats) avec les PME étaient signés bien en avance ».
Jeudi, soit 48 heures avant la fin des négociations, le porte-parole de ces multinationales (Coca-cola, Nestlé), Nicolas Facon avait déclaré sur RMC, « Ce qui coince, c’est la distribution qui demande des baisses de prix de manière complètement inconsidérée par rapport à la réalité économique des entreprises. Les entreprises ont un peu d’inflation sur leur coût de production et aujourd’hui, on fait face à des distributeurs qui demandent des baisses, des baisses, des baisses, des baisses… »
Et mardi, c’était l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) qui demandait aux distributeurs de « commencer à appliquer la loi Egalim dans les négociations qui se déroulent actuellement en France et à stopper son contournement via l’utilisation de leurs centrales d’achat basées à l’étranger, comme au Brésil par exemple et qui ne sont donc pas soumises aux mêmes règles qu’en France. »
Les industriels en seraient les perdants, mais les agriculteurs français aussi. La loi Egalim censée protéger leurs rémunérations entre autres dans le cadre de ces négociations entre distributeurs et industriels ne serait pas toujours respectée selon la plupart des syndicats agricoles. « Elle a été respectée, mais elle doit évoluer et imposer vraiment la transparence sur la matière agricole », assure de son côté Layla Rahhou de la délégation générale de la fédération patronale des supermarchés.
Le Salon de l’agriculture a fermé ses portes dimanche à Paris. Plus de 607 500 visiteurs ont parcouru les allées de la plus grande ferme de France. La fréquentation a connu une petite hausse de 0,64 %, mais c’est surtout la « sérénité retrouvée » que le président du Salon Jérôme Despey tient à saluer, avec une 61ᵉ édition « sans altercation majeure » entre politiques et agriculteurs. « Tout n’est pas réglé, mais il fallait qu’on puisse faire passer des messages sereinement », a-t-il déclaré, après une année 2024 marquée par de vives tensions.
Emmanuel Macron s’est posé en défenseur des agriculteurs, qui ne peuvent être « la variable d’ajustement » du pouvoir d’achat ou d’accords commerciaux, comme celui du Mercosur. Cette vision a satisfait le premier syndicat agricole FNSEA, comme son rival de la Coordination rurale. Au Contraire,1a–Confédération paysanne, qui défend une « réelle transition agroécologigue », a estimé que la position du gouvernement constitue un « recul majeur » sur les questions environnementales.