Porteur de la proposition de loi sur le respect de la laïcité dans le sport, adoptée par le Sénat mardi dernier Michel Savin, le sénateur LR de l’Isère revient sur ce texte qui vise à interdire le port de signes religieux dans les compétitions sportives et les piscines municipales.
- Selon vous, cette loi est-elle une victoire pour la République ?
« Je pense que ce vote était nécessaire. Après, je ne suis pas dans un schéma de victoire. Moi, en tant que sénateur, j’essaie d’apporter des réponses quand je suis sollicité. Différentes fédérations sont confrontées chaque week-end à certaines problématiques quand des athlètes féminines viennent avec le port d’un signe religieux sur un terrain de sport, cela crée des tensions. Certaines fédérations avaient donné leur accord, d’autres non. Il y avait besoin de clarifier les choses. »
- À l’image d’un débat virulent au Sénat, le sujet cristallise toujours autant…
« Oui, oui. On est revenu sur une opposition gauche, droite. La question du port de signes religieux fait toujours débat. Si nous, en tant qu’élus, on n’est pas capable d’en discuteur sereinement… J’entends qu’il peut y avoir des avis différents, mais le pire serait de ne pas en débattre. »
- Vous avez toujours prôné la neutralité dans le sport…
« Il y a un flou juridique qui existe sur le port de signes religieux. Pour moi, il était nécessaire que l’État définisse plus clairement les règles qui s’imposent lors des compétitions sportives. Il fallait harmoniser l’ensemble des Fédérations. Je ne parle pas de la pratique quotidienne, c’est bien dans le cadre de compétitions organisées par une fédération sportive. On a une tenue de sport qui représente un club, une ville ou un territoire qui ne doit pas représenter une religion, un parti politique ou un syndicat. »
- Que dit la loi ?
« Il faut d’abord qu’elle soit votée à l’Assemblée nationale. Il y a trois points importants. Premièrement, l’interdiction de signes religieux lors de compétitions officielles organisées par une Fédération quia délégation de service public. Deuxièmement, l’interdiction d’actes religieux comme des prières durant ces compétitions. Attention, un maire pourra toujours donner à un culte la possibilité d’utiliser un gymnase pour une manifestation religieuse. Troisièmement, le même phénomène concernant les piscines publiques, l’interdiction de toute tenue rattachée à une religion. On l’a connu à Grenoble. »
- Selon la gauche, cette loi stigmatise les femmes musulmanes…
« C’est vrai que le phénomène le plus répandu, c’est le port du hijab. Mais on voit qu’une partie des personnes qui militent pour ce type de comportement le font dans une volonté de fissurer les lois de la République. Je l’ai souvent répété : La religion n’est pas au-dessus des lois de la République. Dans le domaine sportif, la neutralité s’impose. La République prime sur la religion. C’est pour cela qu’il faut donner un vrai soutien législatif aux Fédérations. Rien n’empêche une femme, quelle que soit sa religion, de pratiquer un sport à titre personnel. Mais lorsqu’on est dans une compétition officielle, on n’a pas à mettre en avant sa religion. »
- Entre la gauche et la droite, c’est bien le rapport à l’intégration qui diffère…
« L’intégration, c’est la base même du sport. Ceux qui disent que ces situations sont marginales, je réponds qu’un peu, c’est déjà trop. C’est une progression rampante qui suscite. l’inquiétude. Comme les hijabeuses qui veulent imposer la religion au-dessus de toute règle ou ces clubs communautaires qui excluent les femmes qui ne viennent pas avec une tenue en conformité avec leur religion. »
- À l’avenir n’importe quel signe religieux, même une croix, pourrait être interdit dans une compétition sportive ?
« Il faut être attentif, c’est le port de signes ostentatoires. Des gens qui portent un signe religieux sous un maillot, on ne le voit pas, il n’est pas affiché. »
Stéphane Palme. Le Dauphiné Libéré. 24/02/2025
Il est d’agir.
La loi prime les religions.
RBlaplume.
Pourquoi, il est temps d’agir dans ce domaine ?
Je vais être attentifs au sort que les groupes politiques, au Parlement, vont réserver à toutes propositions de loi émanant des formations républicaines, au sens strict du terme, concernant les signes ostentatoires religieux en piscines municipales et lors des compétitions sportives dans les clubs quel que soit le sport pratiqué.
Pour avoir, il y a, quelques jours, observé que des lycéennes arborées ostensiblement sur leur dos des grands drapeaux marocains et algériens, devant un établissement du second degré. Ces jeunes filles, dont je ne connais pas l’établissement fréquenté, portaient un foulard. D’autres sortaient de l’établissement devant lequel je passais. Passé le seuil de l’établissement scolaire, conformément à la loi, d’autres jeunes filles mettaient leur attributs religieux, en toute quiétude. Cette sérénité paraît conforme à l’esprit de tolérance liée à la LAICITE.
La loi doit primer sur les religions pour permettre la concorde des Citoyennes et Citoyens !
Pour ma part, je reconnais en République que des Citoyennes et Citoyens sans mention de nationalité vivant dans un même lieu géographique.
De plus, je n’apprécie pas d’entendre des élus du peuple désigner une personne en mentionnant uniquement sa religion. La Citoyenneté ne peut pas être assignée à une religion ou une absence de religion.
Anecdote vécue, vendredi dernier.
RBLAPLUME