Il lance l’épuration des arts et de la culture

Et maintenant, la culture : non content d’avoir purgé la Justice et la haute administration des milliers de brebis galeuses « gauchistes » qui pouvaient freiner sa grande lessive, Donald Trump a lancé le 12 février une nouvelle machine en s’attaquant à une institution de Washington, le CentreJohn F. Kennedy pour les arts du spectacle.

Brutalement — en se faisant nommer président d’un conseil d’administration entièrement renouvelé — et sans dissimuler ses intentions : « Bon, alors, on a repris le Kennedy Center, a-t-il expliqué aux journalistes depuis le bureau Ovale. Nous n’aimions pas ce qu’il programmait et je vais m’assurer que la future programmation soit bonne — qu’elle ne soit pas « woke ». »

Une blague, quand on sait que le centre, ouvert en 1971, à la fois siège du National Symphony Orchestra et de très nombreux concerts, expositions et ballets, est une référence outre-Atlantique pour ses choix artistiques… pour le moins frileux.

Une blague encore quand on sait que Donald Trump n’y a jamais mis les pieds (« Rien de ce qu’on y montrait ne m’intéressait »).

À qui le tour désormais ?

C’est la question que se posent toutes les institutions culturelles. Conscientes que, dans la ligne de mire de la Maison-Blanche, se trouvent d’abord celles intégrant dans leurs statuts la fameuse triade « DEI » (diversité, équité, inclusion), qui accorde une attention particulière aux populations minoritaires ou discriminées. Comme l’a sobrement souligné l’actrice et chanteuse Ann Harada à l’issue de la dernière représentation de la comédie musicale Schmigadoon au Kennedy Center : « On a le sentiment que les artistes et la liberté d’expression sont en train de subir une attaque violente. Ça ressemble beaucoup au Berlin des années 1930. Et personne n’a envie de sentir ça. »


Olivier Pascal-Moussellard. Télérama. N° 3919. 19/02/2025


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