Dans les dix ans à venir, la moitié des 400 000 agriculteurs français vont partir à la retraite. Et presque personne pour les remplacer.
Bien sûr, le lobby agro-industriel entend profiter de l’occasion pour concentrer les terres et créer d’immenses exploitations hightechs gérées par 100 000 agri-manageurs, qui auront pour mission non seulement d’optimiser la production agricole, mais aussi de renforcer les chaînes d’approvisionnement et d’innover dans les méthodes de culture. Cette tendance soulève des préoccupations croissantes parmi les petits agriculteurs et les défenseurs de l’environnement, qui craignent que cette concentration des ressources ne mène à une monoculture excessive, appauvrissant ainsi la biodiversité et impactant négativement les écosystèmes locaux. L’enjeu est de trouver un équilibre entre le développement technologique et la durabilité des pratiques agricoles, afin d’assurer la sécurité alimentaire sans sacrifier la santé de notre planète.
Un projet soutenu par le syndicat majoritaire (FNSEA) et par nos décideurs du gouvernement, obsédés par la course au rendement.
Autre approche : la Confédération paysanne a récemment remporté les élections en Ardèche, en Guyane et en Corse (et est majoritaire à Mayotte), ce qui témoigne d’un regain d’intérêt pour des alternatives à l’agriculture traditionnelle. Ce syndicat anti-productiviste défend une agriculture différente, plus respectueuse de l’environnement et des communautés, et rêve de repeupler les campagnes avec « 1 million d’agriculteurs », une vision ambitieuse qui vise non seulement à augmenter le nombre d’agriculteurs, mais aussi à revitaliser les territoires ruraux en favorisant l’emploi local et la production durable. Opposée à l’agriculture industrielle, souvent critiquée pour ses impacts environnementaux et sociaux, l’agriculture « paysanne » suit une charte avec des principes clairs qui encouragent une production locale et de qualité. Elle vise à « organiser la production agricole pour la souveraineté alimentaire des territoires et à permettre la présence de nombreux paysans », cherchant ainsi à autonomiser les communautés par une approvisionnement fondé sur des pratiques plus durables. De plus, depuis plus de quarante ans, elle utilise la fédération Fadear pour se déployer de manière structurée, en mettant en place des écoles paysannes, des formations, des aides aux projets, et d’autres ressources nécessaires pour accompagner les agriculteurs dans leurs démarches. Malgré tous ces efforts et cette dynamique positive, elle reste toutefois minoritaire au sein du paysage agricole français, ce qui soulève des défis essentiels pour l’avenir de l’agriculture paysanne en France.
Même si, depuis 1987, l’association « Terre de liens » œuvre, elle aussi, dans ce sens. Partant du constat que les deux tiers des personnes qui veulent s’installer comme agriculteurs ne sont pas issus du milieu agricole et rament affreusement pour accéder à la terre, elle les aide concrètement et a déjà permis la création de 380 fermes paysannes sur 11 500 ha. C’est à la fois beaucoup… et très peu, par rapport aux 27 millions d’hectares de surface agricole française. 0,04 % !
Finalement, il y a là, peut-être « une occasion unique de redistribuer les cartes » : l’État préempterait les terres bientôt libérées et les confieraient à des coopératives de « travailleurs de la terre », eux qui ont toujours rêvé d’un retour à la nature, de cultures durables et d’une agriculture respectueuse de l’environnement.
On peut toujours rêver à une forme de collectivisme agricole, où les ressources seraient partagées, et où chaque individu jouerait un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité. Cette initiative pourrait non seulement revitaliser l’économie locale, mais également renforcer le lien entre les gens et la terre, en favorisant une approche plus humaine et plus collaborative de l’agriculture qui répond aux défis modernes de la production alimentaire.
Bonjour Michel, c’est bien beau le retour à la terre, mais… pour ce qui est de faire de l’agriculture biologique on recule, si je dis ça c’est que j’ai l’exemple avec notre exploitation , passée en bio, les ventes en France ont chuté , les gens ne sont pas prêt à payer plus cher même pour manger mieux, sans doute faute d’argent, il faut savoir que la culture bio nous revient plus cher, les traitements sont faits plus souvent car les produits n’ont pas le même pouvoir de détruire mauvaise herbe et maladies, c’est bien dommage ! heureusement que nous avons l’export, les étrangers paient plus cher le bio, bonne journée Amitié MTH
Bonjour Marie et merci pour ce commentaire.
Oui, tu as raison le bio est plus cher à l’achat et malheureusement compte tenu des déficits salariaux, beaucoup de personnes, ne peuvent acquérir des aliments sains.
J’en profite pour te demander pardon de ne pas « poster » de commentaires sur ton blog plus souvent.
Amitiés. Michel