… mais sans mourir pour autant !
Pour les agriculteurs, qui ces jours derniers manifestent, l’année 2024 a été particulièrement dure en raison du recul des rendements céréaliers, des prix de vente du blé et du maïs inférieurs de 30% à ceux de l’année 2022. Du côté des éleveurs, des maladies contagieuses continuent d’affecter les bovins, les ovins et les volailles, exacerbant ainsi les défis économiques auxquels ils font face. En raison du climat, les rendements moyens des vignobles ont baissé de 25% par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, ce qui met en péril la viabilité de nombreuses exploitations viticoles.
Dans un tel contexte, nous avions dénoncé vigoureusement le déplacement de la présidente de la Commission européenne à Montevideo en Colombie, pour signer un accord de libre-échange facilitant les importations de viandes, de maïs, de soja, de sucre de canne sans droits de douanes que les pays du Mercosur pourront vendre en Europe.
Cet accord a suscité des inquiétudes profondes parmi les agriculteurs européens, qui craignent que cette libéralisation ne nuise à la compétitivité de leurs produits sur le marché. Mais dans son allocution du 31 décembre, le président Macron a occulté le sujet, évoquant vaguement « un renouveau agricole, énergétique et écologique » pour l’année 2025, laissant de nombreux acteurs du secteur perplexes face à l’absence de mesures concrètes pour soutenir l’agriculture locale dans cette période de crise.
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Le rôle pervers des marques de distributeurs
L’accord du Mercosur permet des importations agricoles sans droits de douane, incitant les grandes enseignes à demander aux industriels d’augmenter ces importations. Cette situation complexe engendre un phénomène où les grandes surfaces établissent des centrales d’achat à l’étranger, visant à réduire les prix d’achat pour les agriculteurs locaux. En conséquence, cela augmente la part des produits importés dans les marques de distributeur (MDD).
Avec ces nouvelles dynamiques de marché, les PME qui fournissent des produits MDD ont souvent des choix difficiles à faire. Par exemple, une PME fournissant 35 % de produits MDD à Carrefour ou Leclerc peut réaliser des ventes plus importantes par rapport à une situation où elle ne fournirait que 20 %. Toutefois, ce gain en volume de vente s’accompagne d’une pression significative pour réduire les prix. Afin de maintenir ces volumes de vente et d’assurer leur compétitivité face aux marques des distributeurs, ces entreprises doivent souvent sacrifier leurs marges bénéficiaires.
Cette stratégie de réduction des prix, bien que lucrative à court terme pour les grandes enseignes et attirante pour les consommateurs à la recherche de prix bas, peut nuire à long terme à la santé économique des PME. En les incitant à se conformer à des marges de profit réduites, les marques de distributeur peuvent créer une dépendance perverse qui menace la viabilité de ces entreprises. Il s’agit d’une situation où, tout en ayant accès à un marché plus large, les PME se voient contraintes de naviguer dans un paysage où la rentabilité est de plus en plus compromise par la nécessité d’offrir des prix compétitifs.
Cette dynamique soulève également des questions sur la qualité des produits que les consommateurs reçoivent. Les PME, dans leur effort pour réduire les coûts, pourraient être tentées de diminuer la qualité des ingrédients ou des processus de fabrication, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la valeur perçue des produits MDD. En somme, bien que les marques de distributeur aient ouvert des avenues prometteuses pour les consommateurs en matière de prix, elles instaurent également des défis significatifs pour les PME et l’industrie dans son ensemble.
D’après un article de Gérard Le Puill. Source (Très courts extraits)
L’état a arrêté son rôle de régulateur sous la pression de l’UE. Avant l’onic l’oniol… régulaient par l’achat massif lorsque les cours sont bas pour faire monter les prix et la vente massive lorsque les cours sont élevés pour faire baisser les prix, la viande étant congelée. Mais avec le non contrôle de nos importations il est plus difficile de régler. C’est à l’UE de pratiquer ces mécanismes.
Voilà déja un moment que l’on sait que le prix n’est pas forcément gage de qualité dans bien des domaines et que l’opacité du système commercial dans son ensemble fait preuve d’un manque d’honnêteté pour ne pas dire plus et certains agriculteurs (pas tous) ne font plus leur beurre tout comme le consommateur pris pour une vache à lait tourné. Pour ma part, je travaille dans le conditionnement d’ail et d’oignon et cela fait longtemps qu’on importe l’ail d’Argentine et l’oignon de Nouvelle-Zélande. Rien de bien nouveau.