D’un côté, les fausses informations pullulent, de l’autre certains pensent qu’« on ne peut plus rien dire ». Et si, dans cette situation paradoxale, c’était la liberté d’expression qui était encore une fois interrogée ?
Arnaud Esquerre, directeur de recherche au CNRS, a écrit sur l’enrichissement ou sur l’actualité politique, mais il s’est aussi intéressé aux sectes, à l’astrologie, et aux « événements extraterrestres ».
D’abord, la fin des restrictions à l’expression, causées par la censure d’État sous l’Ancien Régime, qui perdurait après et agissait avant même la publication d’un livre ou la sortie d’un film ; fin aussi d’une censure religieuse qui intervenait après la sortie, par une condamnation morale des œuvres.
Au fil du temps, le contrôle étroit de l’information par les pouvoirs publics en France a diminué, culminant avec la fin de la censure en 1974, ce qui a entraîné une libéralisation de l’espace public, avec l’émergence de radios libres, de nombreuses chaînes de télévision, l’avènement d’internet et des réseaux sociaux, permettant ainsi une plus grande liberté d’expression.
D’où nous vient alors l’impression de certains que leur liberté de parole est limitée ?
D’une part, la notion de « censure » a muté. Les dispositifs institutionnels disparaissant, le terme s’est mis à désigner des actions provenant de tout le monde et des normes sociales, qui provoqueraient une forme d’« autocensure », le terme apparaissant d’ailleurs dans les années 1960, ce qui n’est pas un hasard.
Le modèle de la censure psychique, élaboré par Freud à la fin du XIXe siècle pour expliquer la bizarrerie des rêves, s’applique aussi aux messages publics, qui sont déformés par des normes internes. Cela a conduit à une perception généralisée de la censure, que chacun peut identifier chez les autres et parfois en soi-même.
L’autre raison pour laquelle certains peuvent penser qu’« on ne peut plus rien dire » vient d’une confusion entre la limitation de la liberté d’expression et la critique. Dans toute société, il y a des normes morales. Or elles changent, et cela peut créer un conflit entre les tenants de la norme ancienne et les promoteurs de la nouvelle. Ce n’est pas nouveau : le « on ne peut plus rien dire » de ceux qui aujourd’hui s’en prennent au « wokisme », on l’entendait déjà dans les années 1990 chez ceux qui dénonçaient le « politiquement correct ».
Dans les deux cas, il s’agit d’une défense contre ceux qui affirment que certaines expressions sont misogynes, sexistes, racistes, homophobes ou validistes. En réalité, le problème réside dans la source de l’expression. Ceux qui se plaignent de la « cancel culture » ont encore la possibilité de s’exprimer. Auparavant, ils pouvaient parler librement dans tous les espaces, mais maintenant, même dans ces mêmes espaces, ils sont critiqués. Ils pensent qu’ils ne peuvent plus rien dire, alors que ce n’est pas vrai : ils peuvent toujours le faire, mais ailleurs.
Dix ans après l’attentat contre « Charlie Hebdo », il est rappelé que des œuvres artistiques représentant un dieu ont entraîné des actes de violence, notamment la destruction d’œuvres et des menaces contre leurs auteurs.
D’après des propos recueillis par Xavier de La Porte. Nouvel Obs (très courts extraits) N° 3145.
Lire : « Liberté, vérité, démocratie. Peut-on tout dire en démocratie ? », par Arnaud Esquerre, Flammarion, 120 pages, 18 euros.
Il y a d’autres sectes que celles qu’on définit comme telles dans les médias. Loin de moi l’idée de combattre la liberté sexuelle, mais sous la pression des lgbt, très présents dans les milieux intellectuels et politiques parisiens, notre société a été forcée de suivre une évolution qui allait à l’encontre de 5000 ans de culture, et ceci à été fait en utilisant la force publique, qui est une autre forme de violence. En 20 ans on a jeté à la poubelle 5000 ans de culture. Jamais une évolution sociétale avait été faite aussi rapidement et aussi violemment. Oui à l’abrogation de vieilles lois devenues absurdes, comme la répression de l’homosexualité, mais fallait il pour cela forcer la note et imposer que tout film ait ses 50% d’homosexuels. Quant aux transgenres, fallait il faire de ces cas rarissimes une généralisation qui fait que maintenant chacun doit se demander si sa bite ou son vagin n’est pas une erreur de la nature? Nous sommes devenus la risée des pays restés attachés à leurs cultures millénaires, et ils sont la majorité. Et le retour de l’extrême droite est aussi le refus d’une transformation aussi radicale qui dans la triste réalité des faits affaiblis notre pays. En Espagne 50% des moins de 20 ans sont dépressifs, en France ce chiffre est secret défense.