… et neuf millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine, d’après les dernières données de l’Insee publiées en juillet et portant sur l’année 2022.
Face à ce constat accablant, le collectif Alerte, qui rassemble plus d’une trentaine d’associations de lutte contre l’exclusion, lance une campagne de communication inédite.
À compter de la semaine prochaine, des affiches seront diffusées dans une dizaine de gares, dans le métro parisien et sur 800 Abribus. L’objectif est de sensibiliser le grand public au sujet de la pauvreté, alors que les discours stigmatisants, accusant les plus pauvres d’être seuls responsables de leur situation, s’enracinent dans le pays.
Le collectif Alerte insiste ainsi sur le poids croissant de la montée en puissance de ce phénomène, qui « résulte de la précarisation de l’emploi, d’inégalités sociales croissantes et d’un système d’aides insuffisant ou inadapté ».
« Nous observons un décrochage du niveau de vie. Avoir un emploi ne permet plus d’échapper aujourd’hui à la pauvreté.
Tous les jours, 2 000 enfants dorment dans la rue. Le 15 janvier dernier, rien qu’en Seine-Saint-Denis, 400 personnes, dont 45 enfants de moins de 3 ans, ont été dans ce cas. Il y a quelques années, cette information aurait suscité des réactions. Mais ce n’est plus le cas. Ces affiches sont là pour provoquer un électrochoc citoyen ! » s’exclame Bruno Morel, président d’Emmaüs France.
En plus de la campagne publicitaire, le collectif a créé une pétition sur la plateforme de l’Assemblée nationale. Cette dernière appelle les parlementaires à se saisir de leur pouvoir de contrôle de l’action du gouvernement.
L’article 1er de la loi du 1ᵉʳ décembre 2008 dispose que le gouvernement définisse « un objectif quantifié de réduction de la pauvreté » tous les cinq ans.
Il est également censé transmettre, chaque année, au Parlement, un « rapport sur les conditions de réalisation de cet objectif, ainsi que sur les mesures et les moyens financiers mis en œuvre pour y satisfaire ».
Or, depuis 2011, rien de tout cela n’a été fait. Une « carence » qui viole « une disposition législative expresse et non abrogée », dénonce le collectif, qui se réserve la possibilité de déposer un « recours préalable » au premier ministre pour « demander le respect des obligations de l’État ».
Le collectif espère aussi que la pétition débouche sur un débat parlementaire. « Nous voulons que les députés se souviennent qu’ils ont un pouvoir et un devoir de contrôle. Si cette initiative permet de faire une proposition de loi, ce serait bien », précise Noam Leandri, son président.
Bérénice Paul. Source (extraits)
Il y a bien une France à 2 vitesses, la France a maintenant la structure économique d’un pays sous développé : des ultra riches très peu nombreux, une classe aisée autour de 5%, une classe moyenne en voie de paupérisation et des ultra pauvres.
Et rien n’est fait pour y répondre puisque depuis longtemps on tape sur la classe moyenne, la plus nombreuse, en oubliant qu’elle peut voter jusqu’à l’extrême.