Elle n’est pratiquement pas médiatisée…

… la guerre sans issue, du Soudan,  !

La situation au Soudan reste toujours aussi catastrophique, sept mois après la conférence humanitaire de Paris. La guerre civile qui fait rage depuis avril 2023 a fait plus de 150 000 victimes civiles, tuées dans des combats ou mortes de faim et de maladies. Plus de 14 millions de Soudanais ont été déplacés, dont trois millions de réfugiés dans les pays voisins. Il s’agit de la pire crise humanitaire au monde.

Le ministre français des Affaires étrangères consacre une partie de sa première tournée en Afrique à cette guerre effroyable qui oppose deux factions armées rivales. Jean-Noël Barrot a visité jeudi des camps de réfugiés près de la frontière soudanaise au Tchad.
Le chef de la diplomatie a appelé à une fin des combats et à l’ouverture de négociations, en exhortant « les puissances étrangères alliées aux belligérants à cesser de jeter de l’huile sur le feu ».
Cette déclaration résume assez bien l’impuissance de la communauté internationale face à un conflit largement oublié bien que beaucoup plus meurtrier que les guerres à Gaza et en Ukraine.

Les Forces armées soudanai­ses du général Abdel Fattah Al­Burhan et les paramilitaires des Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdan Daglo, surnommé « Hemetti », se livrent un combat sans merci et commettent de nombreuses atrocités.

Une révolution populaire confisquée

En 2019, les deux généraux rivaux s’étaient partagé le pouvoir avec un gouvernement civil issu du soulèvement populaire qui avait renversé le régime islamiste du président Omar Al-Bechir.
Ils s’étaient de nouveau alliés en 2021 pour un autre putsch quia chassé les autorités civiles et confisqué les acquis de la révolution. Ils avaient réprimé dans le sang les manifestations pacifiques de la société civile.

La guerre fratricide entre la junte et son année Parallèle est entretenue par des puissances régionales qui soutiennent l’un ou l’autre camp avec en ligne de mire les richesses convoitées du Soudan (or, pétrole, bétail, terres cultivables).

Les Émirats arabes unis arment et financent le général Hemetti tandis que l’Égypte appuie le général Al-Burhan. Ce dernier semble avoir repris l’avantage sur le champ de bataille mais les experts estiment qu’il n’y aura ni vainqueur ni vaincu. Toutes les initiatives de paix ont échoué jusqu’à présent.

En avril, Emmanuel Macron avait dénoncé « le cynisme terrible de puissances régionales qui entretiennent la guerre » et déploré que « la révolution soudanaise ait été gâchée par des intérêts prédateurs ».

Mi-novembre, la France a cependant été accusée d’avoir vendu aux Émirats arabes unis une technologie militaire utilisée par les troupes du général Hemetti sur le champ de bataille au Soudan, en probable violation des embargos sur les ventes d’armes.
« Tous les pays doivent immédiatement mettre fin à la fourniture directe ou indirecte de toutes armes et munitions aux parties au conflit », réclame Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, l’ONG qui a révélé la présence d’un système de défense de fabrication française sur des véhicules blindés émiratis déployés au Soudan.


Luc Chaillot. Le Dauphiné Libéré. 29/11/2024


Une réflexion sur “Elle n’est pratiquement pas médiatisée…

  1. bernarddominik 02/12/2024 / 19h48

    La vente d’armes est un des gros contributeur à pib et permet de financer une partie des achats de produits étrangers des français. Ceux qui achètent nos armes en font ce qu’ils veulent. Oui c’est immoral, mais allez expliquer à 300000 familles qu’elles vont devoir se contenter du RSA pour faire plaisir à Agnès Callamard.

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