... Européenne nettement plus répressive en projet que celles en vigueurs aujourd’hui.
Sous la pression des gouvernements européens de droite et d’extrême droite, l’Union européenne s’apprête à franchir une nouvelle étape répressive en matière d’immigration.
Au moment où l’Italie de Giorgia Meloni inaugure un centre en Albanie où sont sous-traitées les demandes d’asile, l’annonce du premier ministre polonais Donald Tusk – lui-même prédécesseur de Charles Michel à la tête du Conseil européen – de la suspension pure et simple du droit d’asile dans son pays marque une étape majeure dans la fuite en avant anti-immigration. Elle se fait au mépris des règles élémentaires du droit international et avant même l’entrée en vigueur du fameux pacte asile-immigration, prévu en 2026.
L’annonce par l’Allemagne, le 10 septembre 2024, du rétablissement des contrôles aux frontières, couplée à l’expulsion de demandeurs d’asile, a également agi comme un détonateur. Ursula von der Leyen a érigé en priorité cette politique anti-migrants : ce lundi, elle a promis « une nouvelle législation pour favoriser les expulsions de migrants en situation irrégulière », précisant agir « à la demande de plusieurs États membres », dans un contexte de brusque durcissement en matière migratoire, y compris de l’un des piliers du droit européen, celui de l’asile.
- L’exemple de l’accord avec la Tunisie
Emmenés par l’Autriche, le Danemark et l’Italie, quinze États membres réclamaient, en mai, à la Commission de « nouvelles solutions » en la matière, reprenant ce « modèle à suivre » – la formule est de Giorgia Meloni – de reléguer les migrants dans des centres externes en Europe mais surtout dans des pays hors du continent.
En juillet 2023, Ursula von der Leyen et la présidente du Conseil italien s’étaient rendues en Tunisie pour signer un accord avec l’autocrate Kaïs Saïed, dont le principe est simple : de l’argent contre des mesures pour retenir les migrants.
Le président tunisien fait même davantage, organisant de véritables chasses aux migrants et des déportations en car dans le désert, pourchassant les Tunisiens solidaires, tandis que les dirigeants européens détournent les yeux, satisfaits.
- Une politique d’externalisation de la question migratoire qui dure
Ce jeudi, trois pays ont nettement pris leurs distances avec cette stratégie : la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne. Mais d’autres « accords de la honte » ont été signés, le premier datant de 2015 avec la Turquie, au plus fort de la guerre en Syrie, qui jetait sur les routes de l’exode des millions de Syriens. Von der Leyen en a fait un mantra. Depuis 2016, onze accords ont été signés par l’UE pour externaliser la rétention des migrants.
La mise en place de ces politiques systématiques de violation des droits des migrants et du droit international semble être devenue la norme européenne. Au grand satisfecit des précurseurs en la matière, notamment le premier ministre hongrois.
« Toute l’Europe est en train de changer. Il faudra juste un peu de temps avant qu’ils ne s’alignent sur notre politique anti-migratoire », s’est félicité Viktor Orban, le 11 octobre, dans un entretien sur la radio publique hongroise. Entretien dans lequel il a adoubé Bruno Retailleau, qui « est très en avance sur moi, même si je dis aussi des choses dures sur l’immigration ». Une sorte de baiser du diable.
Benjamin König Source (Accès libre)
Dans toute démocratie les citoyens décident. Le temps des idéalistes irresponsables est terminé
Nausée… Moi qui croyait vivre dans une Europe solidaire…
Parce qu’il serait « irresponsables » d’ouvrir nos frontières aux victimes de nos guerres, du pillage de leurs ressources, de nos ingérences politiques, … ?
Pour rappel, en 2012 : « L’Union européenne a reçu le prix Nobel de la Paix pour son travail de rapprochement entre les peuples et ses efforts pour les progrès de la paix, de la réconciliation, de la démocratie et des droits de l’Homme en Europe »
La belle blague.
Juste commentaire Anne-Marie merci pour l’avoir formulé.
Amitiés. Michel