… contre les suppressions de postes annoncées par Barnier
L’annonce par Michel Barnier de suppressions de postes d’agents qui ne sont pas en contact du public et de fusion de services publics, le 3 octobre, a suscité la colère unanime des syndicats de fonctionnaires. Ils dénoncent le recyclage de vieilles recettes de droite et des mesures populistes, méprisantes pour les agents publics, dont le travail dans l’ombre n’en reste pas moins essentiel pour faire tourner la machine.
La menace couvait depuis la nomination de Guillaume Kasbarian, sur fond d’annonces austéritaires. Elle se précise pour les fonctionnaires, après les propos tenus jeudi soir par Michel Barnier, dans une interview à France 2. La « simplification à tous les étages » et « la débureaucratisation » annoncées il y a dix jours par le nouveau ministre de la Fonction publique en guise de feuille de route se traduiront donc bel et bien par « une fusion de services publics » et « sans doute des non-remplacements de fonctionnaires partant à la retraite », « ceux qui ne sont pas en contact avec les citoyens », précise le chef du gouvernement.
Il confirme ainsi aux 5,7 millions d’agents qu’ils paieront le prix fort de cette purge inédite, visant à économiser coûte que coûte 45 milliards d’euros.
« On ressort les vieilles recettes de Nicolas Sarkozy, qui voulait le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux », assène Christian Grolier, secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires à Force ouvrière (FO). Et le syndicaliste de citer les précédents législatifs : fusions dans la fonction publique territoriale avec la loi NOTRe, la loi Maptam, les fusions des régions, ou encore celles imposées dans les groupements hospitaliers de territoires.
Autant de mesures qui « n’ont pas fait leurs preuves », pointe le syndicaliste, qui dénonce également l’idée de « débureaucratisation ». Elle renverrait, à ses yeux, l’image d’une fonction publique composée uniquement de « bureaucrates », tout en masquant le fait « qu’il manque énormément de personnels dans tous les services publics, des soignants au ministère de la Santé, des surveillants au ministère de la Justice, sans compter les enseignants dans les écoles… »
- Des propos démagogiques
Pour Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, « c’est aujourd’hui plus compliqué politiquement d’annoncer qu’on va s’en prendre à des professeurs, à des infirmières ou à des policiers. Mais tous ces métiers ne sont rien sans les missions supports exercés par les agents dans les bureaux. »
Le sous-entendu véhiculé par les propositions du Premier ministre visant à sabrer des postes parmi les agents invisibles du public fait bondir le syndicaliste, qui s’insurge contre « des propos très démagogiques et d’un mépris total pour ces fonctionnaires dont le travail reste essentiel ».
Paie des enseignants, réservation de salles d’examen, inscription des élèves… égrène le syndicaliste : « Ces petites mains de l’Éducation nationale, comme celles de tous les ministères, ce sont des agents sans qui le système ne tournerait pas. »
Natacha Pommet, secrétaire fédérale CGT de la fonction publique, partage le même constat. « Ces déclarations sont tout simplement populistes », pointe la syndicaliste. « On attend de voir avec une grande inquiétude comment ces coupes sèches pourront se traduire. Y aura-t-il des retards dans les paies des agents ? Y aura-t-il demain des carences dans l’exercice de leurs missions parce qu’ils n’ont pas derrière leurs collègues qui assurent le back-office ? » interroge-t-elle.
- Dégradation du service public
Pour Christian Grolier, les conséquences, de plusieurs ordres, sont très prévisibles : « Fusion de services et suppressions de postes impliqueront forcément une surcharge de travail qui sera basculée sur ceux qui restent. Cela va forcément entraîner des conditions de travail dégradées, des burn-out, et évidemment des démissions. »
Article signé des initiales H.K. Source (Extraits)
Je veux bien HK mais qu’on m’explique pourquoi la création des agglomération loin de diminuer les fonctionnaires les a multipliés. Pourquoi la région paca est passée en 20 ans de 400 à 3000 fonctionnaires, pourquoi malgré la suppression de tous les guichets et encodages grâce à internet on a rien économisé. Pourquoi quand on va à l’hôpital on fait 2 fois la queue pour s’enregistrer… etc
On assiste déjà dans de trop nombreuses collectivités, communautés de communes, au recrutement d’agents contractuels, donc hors statut, qui viennent se vendre, perçoivent des primes généreuses qu’ils ont négociées, contribuant ainsi à mettre en péril la CNRACL (Caisse nationale deRetraite des Agents des Collectivités Locales.. et des Etablissements d’Hospitalisation publics)..
Alors que la règle en la matière, c’est le recrutement suite à concours, ou sur titre pour des postes nécessitant un diplôme, d’ingénieur, de puéricultrice, d’infirmier, de technicien, de cuisinier, de musicien..educateur sportif..
Rappel : ce sont les salariés d’aujourd’hui, qui cotisent pour nos retraites, comme nous avons précédemment fait.. Bonjour les dégâts, pour les futurs retraités, qui devront aussi se battre pour ne pas partir comme la dernière le prévoit…
Le Ministre sortant était intervenu, en rappelant les règles communes en matière de rémunérations, d’obligations horaires annuelles de travail à respecter…