… les inégalités persistent malgré la vague MeToo
Sept ans après l’apparition du mouvement MeToo de libération de la parole des femmes et de la médiatisation du concept de charge mentale, le couple est à réinventer pour davantage d’égalité entre les deux sexes. Les obstacles restent nombreux, tant dans les inconscients que dans le fonctionnement de la société.
Comment être un couple en 2024 ? La question pourrait surprendre, si notre société n’avait pas été traversée par la vague MeToo, apparue en 2017 qui a permis de libérer la parole des femmes contre le harcèlement et les violences sexuelles ; la même année que la médiatisation du concept de charge mentale par la dessinatrice Emma. Les débats sont depuis récurrents sur l’égalité entre les hommes et les femmes.
Sept ans après le début de ce mouvement d’émancipation, les chiffres restent pourtant éloquents. Le cinquième rapport sur l’état des lieux du sexisme publié en janvier par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes révélait que le sexisme s’aggrave en France, malgré une prise de conscience ; ce qui a des répercussions jusque dans le couple.
« La vision de la société selon laquelle la femme doit se soumettre à son compagnon reste très partagée, y compris chez certaines femmes et chez les jeunes. Elle est tellement intériorisée que certains hommes sont étonnés quand on leur parle de viol conjugal », s’alarme Emmanuelle Piquet, thérapeute et autrice de Comment rater son couple à coup sûr (Éd. Les Arènes).
Prise de conscience
Et même sans aller jusqu’aux violences, le rôle attribué à chacun au sein du couple a peu évolué. Les femmes gèrent davantage les tâches et le planning domestiques, s’occupent davantage des enfants et par conséquent, occupent plus d’emplois à temps partiel ou précaires. « On est encore dans un monde où tout le monde s’ébahit si un père change la couche de son enfant », résume Emmanuelle Piquet.
Et pourtant, chez beaucoup de femmes, la prise de conscience est là. « Le confinement a beaucoup joué car il n’a rien changé, alors même que l’homme et la femme étaient contraints de rester à la maison. Là où auparavant, même entre femmes, on s’autocensurait, désormais c’est un sujet légitime », note Lucile Quillet, autrice du livre Le Prix à payer, ce que le couple hétéro coûte aux femmes (Éd. Les Liens qui libèrent), dont l’adaptation en BD sort le 16 octobre aux éditions Leduc.
Lucile Quillet aborde la problématique des inégalités entre l’homme et la femme par le prisme de l’argent — sujet parfois ô combien tabou même au sein d’un couple — et de la répartition des dépenses. « Dans un couple, les écarts de rémunération sont en moyenne de 42 %, ce qui maintient la dépendance économique dés femmes. Or, les hommes n’auraient ni le salaire ni la carrière qu’ils ont sans le sacrifice des femmes », pointe encore Lucile Quillet. Une étude de l’Institut national d’études démographique (Ined), publiée le 30 septembre, démontre d’ailleurs que lorsqu’une femme gagne plus que son mari, le risque de séparation augmente.
« Rester optimiste »
« Même si les choses ne changent pas aussi rapidement qu’on le souhaiterait, la prise de conscience est déjà une marche énorme. Il faut rester optimiste. La société ne se transformera pas en un coup de baguette magique », ajoute Lucile Quillet. Pour apporter davantage d’égalité au sein du couple, la réponse doit être politique, les inégalités étant systémiques, selon elle. « Par exemple, la loi oblige les pères à ne s’arrêter que 7 jours après la naissance d’un enfant. Il faut allonger cette période obligatoire pour les contraindre à être un soutien aux mères ».
En attendant d’éventuelles réformes, Emmanuelle Piquet invite également les couples à réfléchir ensemble à la place et au rôle de chacun au sein du foyer. « Il faut se demander quels seront les renoncements de chacun et quels seraient les risques pour son couple si, tout à coup, on avait les mêmes rôles. Pour l’homme, c’est souvent renoncer à un certain confort. Pour la femme, cela peut être de renoncer à renvoyer l’image de l’efficacité, de celle qui porte toute la maison sur ses épaules. »
Charlotte Murat. Le Dauphiné Libéré. 12/10/2024
Souvent c’est un choix
Mon conjoint n’avait pas eu le choix, en épousant une infirmière hospitalière qui effectuait 44 heures de boulot par semaine, 3 jours de congés par quinzaine, dont un WE, un petit garçon à déposer à la crèche, à récupérer le soir, à faire manger, à changer et mettre au lit avant que je n’arrive.. à 20h30 et ce 7 soirs par quinzaine…un crève coeur..
J’ai changé de boulot, ne pouvant supporter cette situation, et intégré l’administration territoriale : 40 heures hebdos cela était mieux… un jour d’été, je décide d’aller à pieds à la crèche récupérer mon fils, qui pataugeait avec ses petits copains dans une piscine gonflable…et n’avait pas envie d’en sortir.. quand il m’a vue..
Lorsque je me suis présentée, je ne connaissais aucun agent présent.. Madame la directrice que j’avais rencontrée une fois, lors des formalités d’inscription est arrivée, a senti mon embarras, a tapé dans ses mains signalant ainsi la fin de la « baignade » m’a invitée à prendre le fiston en charge, en le séchant et rhabillant… Fiston m’a accompagnée à son casier…J’étais entourée de plusieurs papas..et d’une maman… qui m’a rassurée..je me sentais fautive…ils se connaissaient tous, et assumaient aussi, en raison des boulots de leurs épouses..
Heureusement, lors de l’entrée en maternelle, l’école était située au 24 de la rue, nous au 18…je déposais Laurent le matin et le reprenais à 18h…du temps volé…