Vous dites protectionnisme ?

Les entrepreneurs, membres du Medef en grande majorité ayant participé à ces universités d’été consacrées à « L’économie de demain », semblent favorables à des initiatives telles que l’instauration de prix planchers pour protéger les producteurs locaux et encourager des pratiques de consommation plus durables

Le débat sur le protectionnisme éthique et la nécessité de taxes aux frontières pour décourager les importations à bas prix reflète une volonté de réévaluer notre modèle économique actuel, qui privilégie souvent le profit immédiat au détriment de l’environnement et des conditions de travail.

Cependant, les défis économiques, tels que le pouvoir d’achat des consommateurs, rendent difficile la mise en œuvre de ces idées. L’évolution des politiques commerciales en Europe, notamment la mise en place de taxes sur certains produits importés, montre une prise de conscience des enjeux, mais il reste encore beaucoup à faire pour aligner les pratiques économiques sur les valeurs de durabilité et de responsabilité sociale.

Cela soulève des questions importantes sur la façon dont nous pouvons encourager un changement significatif tout en tenant compte des réalités économiques des consommateurs et des producteurs.

Selon l’Organisation de Coopération et Développement économique (OCDE), les exportations des vingt pays les plus riches du monde n’ont pas augmenté au cours du dernier trimestre. Celles de l’Union européenne sont même en recul. Le décrochage du commerce mondial, amorcé dès 2008, se confirme au fil des mois. Les accords de libre-échange n’avancent plus depuis deux décennies et l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) ne fonctionne plus depuis Obama : le président américain avait bloqué l’action du tribunal qui arbitre les conflits commerciaux internationaux. Trump et Biden se sont inscrits dans la même ligne, afin de défendre leurs intérêts commerciaux.

L’Europe a fini par changer, elle aussi, sa vision : le libre-échange demeure le fondement idéologique de la Commission, mais Bruxelles a compris que la concurrence détruisait les emplois et les industries du continent. Les Européens ont donc mis en place une taxe sur les voitures électriques chinoises, pour protéger leurs constructeurs. La création d’une taxe carbone aux frontières de l’Union, en 2026, sera également un frein aux échanges.


D’après un article signé Claude Soula. Nouvel Obs N°3128. 05/09/2024


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