… du réchauffé en survie programmée
C’est par une formule pour le moins décalée que Macron a salué, ce lundi, l’avènement du pléthorique gouvernement Barnier lors de son premier Conseil des ministres à l’Élysée.
Un moment peut-être nouveau pour lui, marquant, au moins pour la photo, le début de la fin de l’ère jupitérienne. Et pour les macronistes, « la fin d’une époque ».
Cependant, pour les ministres LR concernés, les voir comme des représentants de la nouveauté a de quoi faire franchement sourire.
Beaucoup des nouveaux venus semblent ressurgir, Retailleau en tête, de la campagne Fillon, voire d’un passé encore plus réactionnaire. Des ministres de droite catholique traditionnelle ont vu ressortir leur participation aux manifestations pour tous et leur refus de constitutionnaliser l’IVG. Retailleau, quant à lui, a redécouvert son refus de voter l’interdiction des thérapies de « conversion » prétendant guérir autoritairement l’homosexualité.
Le « temps nouveau » en Macronie sent au mieux la naphtaline, au pire le ranci. À tel point que Barnier s’est vu contraint de promettre la protection, « en matière de libertés et de progrès social », de ce qu’il appelle « l’ensemble de ces droits acquis » et sur lesquels son ministre de l’Intérieur souhaitait revenir. Bonjour la nouveauté !
Temps très nouveau également pour le « nouveau » garde des Sceaux, Didier Migaud. Supposé être la caution de « gauche » de ce gouvernement, il est plus considéré comme mi-droite que mi-gauche, ayant quitté la gauche en question depuis près de quinze ans.
Migaud devra d’ailleurs, en matière d’immigration, travailler avec Retailleau, qui, sur ce sujet, entend également opérer un retour vers le passé. Le ministre de l’Intérieur souhaite ressortir du tiroir ses ajouts personnels au projet de loi Immigration de Darmanin, qui avaient été retoqués par le Conseil constitutionnel ou édulcorés au Sénat en 2023.
Des dispositions comme la suppression de l’Aide médicale de l’État (AME), qui lui avaient valu les compliments et le soutien de l’extrême droite. Un RN auquel, dans ce « temps nouveau » comme dans celui d’hier, il emprunte volontiers le vocabulaire en matière d’immigration et d’« ordre ».
D’autant plus que lui, comme le gouvernement Barnier auquel il appartient, ont un avenir dépendant largement de la bienveillance menaçante de Marine Le Pen. En laissant entendre qu’avec les voix de son camp, ajoutées à celles du Nouveau Front populaire, cette dernière, qui dit honnir « les alliances contre nature », fait répéter qu’elle pourrait censurer « ce gouvernement, qui n’a aucun avenir » s’il venait à trop la décevoir.
Article composé après lecture et écoute de divers médias
Devant le déficit abyssal l’étendue des dépenses du NFP pour des recettes non assurées à fait peur aux tenants de l’orthodoxie financière (les 3 équilibres cotisations/santé-retraites impôts et taxes/gouvernement et localités importations/exportations) et il ne restait qu’un choix : une alliance avec le RN. N’oublions pas que le RN c’est 37% des électeurs NFP 29%. Parler d’arc républicain est un non sens, aucun parti représenté au parlement n’étant anti républicain ou royaliste.