Pour Retailleau, l’ordre en priorité

« Je m’appelle Gérald Moussa Jean Darmanin. Il est évident que si je m’étais appelé Moussa Darmanin,je n’aurais pas été élu maire et député et je n’aurais pas été nommé ministre de l’Intérieur. » En quittant son ministère de la place Beauvau qu’il a occupé durant quatre ans, Gérald Darmanin a, comme souvent, convoqué sa fibre sociale. « Juste l’ordre n’a aucun sens. »

S’il l’a fait devant son successeur, Bruno Retailleau, ce n’est pas un hasard. L’arrivée du président Les Républicains (LR) des sénateurs, seul vrai poids lourd politique du nouveau gouvernement, fait des remous dans l’ancienne majorité. Son positionnement très conservateur et ses propositions sur l’immigration, proches de celles du Rassemblement national, suscitent des inquiétudes de la part des députés du groupe de Gabriel Attal, Ensemble pour la République.

Prisca Thevenot, ancienne porte-parole du gouvernement et proche de l’ancien Premier ministre s’en est fait l’écho. « Je suis fille de deux immigrés. C’est la preuve qu’on peut être binationale et profondément patriote », a-t-elle dit lors de sa passation de pouvoir. Elle a même insisté : « Il n’y a pas de Français de papier, il y a des Français tout court », reprenant une expression de Bruno Retailleau.

Le nouveau ministre de l’Intérieur se savait attendu. Mais c’est un homme qui est fidèle à ses convictions. Il a donc assumé, dès ses premiers mots de ministre, sa grande fermeté.« J’ai trois priorités », a-t-il dit, répondant en creux à Gérald Darmanin. « Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, réta­blir l’ordre ». Il a également déclaré lundi soir au JT de TF1 qu’il voulait « prendre tous les moyens » pour faire « baisser l’immigration en France ». Le ton est donné.

Rappelons ces faits à Mr l’intègre ministre de l’Intérieur

Dans l’exercice de votre ministère vous êtes chargés entre autres d’un lourd dossier : l’un des services centraux du ministère a pour mission, précisent les textes officiels, de « veiller au respect de la régularité et de la sincérité des jeux, quels qu’ils soient ».

Tiens donc !

En 1997, Bruno Retailleau est le bras droit de Philippe de Villiers, créateur et grand patron du Puy du Fou, lorsque TF1 fait appel aux deux hommes. L’émission « Intervilles » va faire s’affronter l’équipe du parc de loisirs et celle du pays d’Ancenis.
Le Puy du Fou triomphe.

Sauf que très vite, des suspicions assombrissent le résultat.

Olivier Chiabodo, animateur de la Une, a triché en indiquant — avec trois doigts plaqués sur la cuisse — la bonne réponse aux joueurs vendéens.

Le temps passe, et, en 2008, dans un livre, Gérard Louvin, producteur de l’émission, le reconnaît enfin • « A « Inter-villes », on trichait tout le temps. »  Une reconnaissance bien tardive.

Chiabodo, à son tour, se met à table (« Le Parisien », 26/9/17) : « C’est [Louvin] qui m’a demandé de favoriser le Puy du Fou. »

Bref, vingt-sept ans après les faits, tout le monde a avoué.

Effrayant, tous ces délinquants qui se pavanent tranquilles, en toute impunité ! Qui parle de « rétablir l’ordre » …


D’après un article de Nathalie Mauret, le Dauphiné Libéré et des divers propos recueillis.


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