Handicap et sport à l’école : du mieux

Les jeux Paralympiques de Paris mettent en lumière la pratique sportive par des athlètes en situation de handicap. Mais l’accès à l’éducation physique et sportive pour les élèves handicapés reste semé d’embûches.

  • Qu’en est-il de l’accès des élèves en situation de handicap aux cours d’EPS ?

Longtemps, les élèves jugés inaptes étaient automatique­ment dispensés de sport. Cette forme de ségrégation entre les valides et les non-valides s’appuyait sur une norme mé­dicale dont l’objectif était de protéger ces derniers. Mais dans les années 1980, des professeurs pionniers ont fait émerger la notion d’« inaptitude partielle » dans les textes officiels. En théorie, fournir un certificat médical précisant quels types de mouvement l’enfant ne peut pas effectuer devrait donc aujourd’hui suffire à éviter une dispense. Sauf qu’en pratique cette confusion ancienne entre inaptitude partielle et inaptitude totale n’a pas complètement disparu.

  • La logique de la compétition a-t-elle contribué à la mise à l’écart des plus fragiles ?

À partir des années 1960, la logique sportive a accentué le fossé entre les populations handicapées et valides. Les pre­mières ont été mises de côté avec un nouvel argument : l’idée qu’ils ne peuvent pas concourir ensemble, pour des raisons d’équité. Ce qui se comprend ! Cette mise à l’écart s’est accompagnée d’une adaptation de l’éducation phy­sique et sportive aux divers handicaps. Proposer du sport aux élèves handicapés n’est dès lors plus considéré comme une aberration.

  • Depuis 1980, ils ont la possibilité de passer des épreuves adaptées d’EPS au baccalauréat…

C’était à l’époque des propositions assez simples, qui per­mettaient par exemple d’abaisser la hauteur de la haie pour l’élève qui avait des difficultés à marcher. Les textes stipulent aussi que l’élève pouvait choisir le slalom en fauteuil ou en tricycle, et un jeune tétraplégique se voir proposer l’activité sarbacane.
Aujourd’hui, le nombre d’élèves qui passent les épreuves d’EPS adaptées au baccalauréat est en augmenta­tion. Mais des obstacles perdurent, comme l’inaccessibilité de certains équipements sportifs et le manque de formation des professeurs.


Marion Rousset. Télérama. N° 3895. 04/09/2024


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