Plus les régimes sont autoritaires…

… moins la culture a le droit de parler ! MC Solar .

Trente ans après avoir imposé son nom sur la carte mondiale du rap, MC Solaar demeure une référence.

En 1992, le jeune MC Solaar foule pour la première fois une scène […].

À l’heure où le rap est devenu hégémonique, MC Solaar, qui y a assurément contribué, revient à la scène après la sortie des deux premiers albums d’un triptyque audacieux à la rencontre des genres, symboles d’une curiosité restée intacte.

  • Cette année, en plus de votre tournée, vous avez sorti « Lueurs célestes » et « Éclats cosmiques », bientôt suivis d’un troisième projet. Pourquoi ce choix du triptyque ?

J’avais commencé à travailler sur un album avant de me lancer en tournée. En revenant dessus, je me suis dit qu’il serait intéressant de le couper. D’habitude, je suis plus relax, mais j’avais envie d’un challenge ! Dès que j’ai eu du temps libre pendant la tournée, je me suis consacré à ces projets en retournant en studio. Cela m’a permis de rencontrer et collaborer avec de nouvelles personnes, d’aller dans différentes directions. Je me suis nourri de ces rencontres. On propose différentes humeurs, toutes traversées par une logique de positivité.

  • D’où vous vient-elle, cette positivité ?

Quand on arrive dans une ville, qu’on voit des gens qui connaissent les paroles, qui sont venus avec le sourire… on est ravis de vivre ça sur scène, on se sent valorisé. En rentrant chez soi, on peut retourner en studio avec d’autres choses à raconter, remplis de bonnes vibrations. On est plus sûr de soi.

  • Les deux projets déjà parus piochent dans d’autres styles de musique (funk, french touch…) et dans les ramifications actuelles du rap. Vous continuez de vous nourrir de ce qui se fait autour ?

Oui. Je travaille en permanence avec des gens plus jeunes. Je commence souvent par leur demander de partir de la vision qu’ils ont de moi. En général, je refuse le morceau qui en découle. Et puis je leur demande ce qu’ils auraient fait spontanément. Et c’est celui-là que je prends. Cela te force à évoluer, à sortir de tes habitudes, car, quand c’est la première fois que tu rencontres quelqu’un, tu as envie de le satisfaire. Le fait que ce soit un triptyque permet d’essayer plein de choses : le flow d’Atlanta (berceau de la trap – NDLR), le flow d’untel ou d’untel…

  • Sur le morceau « Carpe Diem », vous vous autorisez même à chanter…

Le thème de la nostalgie s’y prêtait bien. Mais c’est plus parlé que chanté, un peu comme Renaud, Leonard Cohen ou Gainsbourg. Je ne suis pas encore capable de chanter comme Armande Altaï (rire).

  • Comment expliquez-vous cette curiosité qui perdure après tant d’années ?

C’est parce que je n’ai pas tout exploré. Et que j’aime le rap en entier. Voir ce qui se fait ailleurs force à se différencier. Quand le rap était « boum boum », on est allé chercher de la soul et du jazz, on s’est tourné vers la musique orientale sur « Inch’Allah » (2002), on a fait des morceaux proches du rock…
Et il y a encore plein de genres musicaux à explorer, à adapter au rap. Involontairement, je me suis donné une liberté dès le départ, avec « Bouge de là », « Caroline » et « Quartier Nord » : trois morceaux empruntant des chemins différents. Cela m’a fait comprendre que j’avais la liberté de faire ce que je voulais.


Pablo Patarin. Source (Extraits)


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