En fin de compte, on a essayé de t’amadouer pour t’emprunter ta superbe.
Mais tu n’étais pas dupe et même, contre toute apparence, plutôt méfiant, alors tu ne t’es pas laissé faire. Tout le monde tentait de t’étourdir.
Certains hommes ingrats te malmenaient en essayant vraiment de frapper là où ça fait mal, vraiment, ils étaient nombreux à en vouloir à ta superbe. Les gens entraient chez toi comme dans un moulin. C’était excédant.
Un excédent de rage et de lumière.
Tu connaissais le secret. Tu t’accrochais à la superbe comme à un manteau tissé par… Tu ne pouvais plus le dire.
Tu ne pouvais plus vraiment dire son nom. Mais on ne te prendra pas ça d’elle.
Elle te l’a léguée, c’est dans le sang, cette noblesse.
Elle te l’a dressée sur la table et t’a appris à la manger en plusieurs morceaux.
Ta superbe, personne ne te la prendra jamais ! C’est une promesse.
Arthur Teboul. Recueil : « L’Adresse ». Éd. Seghers