« Les médias ont-ils une responsabilité dans la poussée populiste ? C’est une question passionnante », juge David Pujadas sur LCI.
Il vante « ce collectif Médias Citoyens qui regarde attentivement ce que produisent les médias d’un côté comme de l’autre ». Mais surtout l’audiovisuel public, au moyen de « propos tronqués ou falsifiés », a protesté Radio France.
Le présentateur lance la rubrique « Caroline Fourest en liberté ». « Vous dites : oui, les médias doivent se regarder en face ».
Une leçon d’éthique journalistique offerte par la faussaire qui prétend qu’« il faut diviser si ce n’est par cinq au moins par dix » le nombre de morts fourni par les autorités de Gaza.
Caroline Fourest pourfend « une presse de gauche qui considère qu’est d’extrême droite toute personne qui ne pense pas comme elle ». Pascal Praud le dénonce aussi.
Pour illustrer cette tendance à « nazifier des gens », David Pujadas suggère : « Vous aviez un exemple en tête, je crois. — Bah là euh… Non. C’est… Si, vous avez les tweets de Gérard Filoche qui a mis Emmanuel Macron avec un brassard nazi ».
Un seul tweet de 2017 dont l’auteur n’est pas journaliste et pour lequel il a été exclu du PS. D’autres exemples ?
« Non, je suis pas venue avec… » Le populisme des médias, « ‘est pas arrivé avec CNews, précise Géraldine Woessner, mais avec la construcdon de vérités alternatives par la presse mainstream ».
La journaliste du Point fustige le déni de délits commis par « une certaine population qu’on veut pas pointer ». Comprenez : les immigrés.
« Le grand remplacement n’est pas une théorie mais un fait dicté par la science démographique », clamait-elle en 2019. « Ce sensationnalisme, poursuit-elle, on le voit pas dans les pays anglo-saxons. Cette outrance dans la recherche du scandale, c’est vraiment franco-français. »
La chaîne Fox News, les tabloïds anglais brillent par leur pondération. « On invente des scandales pour faire de l’audience. On entend qu’il y a un complot du gouvernement avec l’agro-business pour empoisonner les gens avec des pesticides ».
Géraldine Woessner, elle, n’hésite pas à dénigrer des études scientifiques relayées par Le Monde.
Sur LCI, elle fustige « la diabolisation du riche à chaque publication d’un rapport d’Oxfam, c’est sidérant. C’est de la propagande ». Beurk.
« Ça instille une forme de complotisme, les médias sont responsables » Mais pas LCI..
Laurent Jofftin pointe le mépris du macronisme pour les « gens pauvres », David Pujadas conteste : « Est-ce qu’y a pas une compassion misérabiliste qui va bien au-delà du devoir de critique des médias ? » Se soucier des pauvres n’est pas très journalistique. «
Le discours rationnel est devenu inaudible », peste Ruth Elkrief, qui accusait à tort Amnesty d’ignorer les otages du Hamas. « Les discours modérés, nuancés ne sont plus audibles », ajoute celle qui juge « extrêmement choquant » le Nouveau Front populaire (NFP). « Il y a la recherche du buzz, du bon client. » Pas sur LCI.
« Y a une jeune génération de journalistes très idéologisée… » Pas comme Ruth Elkrief. «… Biberonnée à l’admiration de personnalités journalistiques très idéologiques.
- Edwy Plenel, accuse Caroline Fourest.
- Bien sûr. Du coup, on a des journalistes beaucoup plus à droite qui répondent à des générations de journalistes très à gauche. » Le soutien des médias Bolloré au RN, c’est à cause d’Edwy Plenel. Caroline Fourest conclut : « On a du mal à ramener à la rationalité. »
Le lendemain, Ruth Elkrief relaie une intox de l’extrême droite prêtant une déclaration homophobe à une candidate NFP. Le surlendemain est invité tout sauf un « bon client », Alain Finkielkraut. « Je ne voterai jamais pour un candidat du Front populaire, fût-il socialiste. Si je devais choisir entre Aymeric Caron [LFI] et Louis Aliot [RN], je choisirais Louis Aliot. » Le bandeau pas du tout sensationnaliste : « Choisir le NFP, c’est choisir l’antisémitisme. »
Guillaume Roquette, du Figaro, plaide pour « considérer le RN comme un parti comme un autre. Faut-il quitter le commandement intégré de l’Otan, comme le veut le RN ?
Bah, de Gaulle l’avait fait. La préférence nationale ?
Oui, mais jusqu’à quel point ?».
Ruth Elkrief regrette l’opposition au RN des syndicats : « Jordan Bardella a annoncé qu’il voulait tenir une conférence sociale à l’automne. Y aura-t-il des manifestations, des troubles, des oppositions qui ne permettront pas le dialogue social ?»
Pascal Perri : « Plus de la moitié des ouvriers votent pour le RN. » En tenant compte de l’abstention, ils sont moins d’un quart.
« Le programme économique du NFP est complètement fou ! s’insurge Nicolas Bouzou. La politique d’interventionnisme, d’illibéralisme, de dépense publique est beaucoup plus débridée du côté du NFP que du côté du RN ».
Samuel Gontier. Chronique en léger différé. Télérama. N° 3885. 26/06/2024
Une réflexion sur “Une leçon très particulière”