Au RN, chaque jour apporte son lot de revirements
Depuis la dissolution et la possibilité d’une accession au pouvoir du RN, chaque jour apporte son lot de revirements : sur la double nationalité, la réforme des retraites, le pouvoir d’achat, l’impôt sur le revenu.
Même Sébastien Chenu, député du Nord et cadre du parti, s’emmêle les pinceaux à propos de la suppression de la double nationalité. « On ne peut pas être français pour certaines choses et uruguayen pour d’autres », déclarait-il, le 13 juin, sur le plateau de Cyril Hanouna. Avant de rétropédaler quelques heures plus tard après s’être vu rappelé que cette mesure a été abandonnée en 2022.
Le point névralgique concerne les retraites. Depuis la présentation de son projet en 2022, Marine Le Pen noie le poisson quant à l’âge légal, mettant en avant le seul dispositif carrières longues : celles et ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans pourront partir dès 60 ans s’ils ont 40 annuités. Mais pour les autres ?
Depuis une semaine, le RN a tour à tour remisé l’abrogation de la réforme de 2023 – « Nous verrons », a d’abord répondu Jordan Bardella le 14 juin –, avant d’évoquer à nouveau le sujet dans le Parisien, promettant une abrogation « dès l’automne ». Mais, dans l’immédiat, celle du RN ne sera pas mise en œuvre.
Certains points semblent faire tache :
- Le site Politico révèle ainsi que le livret consacré à la défense, tiré du programme de Marine Le Pen de 2022, a été retiré du site.
- Le document préconisait notamment d’établir « une alliance avec la Russie sur certains sujets de fond ».
- Le site de campagne de 2022, intitulé MlaFrance.fr, a lui aussi disparu, depuis le 11 juin.
En matière sociale,
- Ne reste donc que la baisse de la TVA sur l’énergie (de 20 à 5,5 %), estimée à 16 milliards d’euros.
- Exit la baisse sur les produits de première nécessité, reportée, de même que la création d’un impôt sur la fortune financière ou la suppression de l’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans. Pour la financer, le RN a sorti du chapeau une curiosité : la suppression de la « niche fiscale armateurs ».
- Cette exonération d’impôt pour le fret maritime, d’un montant d’environ 5 milliards d’euros, ne concerne que la multinationale CMA-CGM du milliardaire Rodolphe Saadé, proche de Macron.
Pour le reste, rien ne change : « Il y a quand même un éléphant dans le couloir des dépenses publiques qui s’appelle l’immigration », assène Marine Le Pen dans le Figaro, au mépris de toutes les études qui démontrent que les immigrés contribuent de façon excédentaire aux deniers publics. Le fond idéologique ne varie pas. Mais l’essentiel est que les marchés financiers soient rassurés.
Bardella a averti que le programme du RN dépendrait de l’audit sur les finances publiques. C’est de la prudence, mais ça veut aussi dire que ces promesses sont bidon puisque tout le monde sait qu’avec un déficit de 170 milliards (30%) l’état est aux abois.