Chiffrage-Programme du NFP

 …le Nouveau Front populaire !

Mise en garde dans cette période trouble : tous les articles « postés » — jusqu’au jour du 2ᵉ tour des législatives —, ne le sont-seront qu’au titre de l’information plurielle et n’engage pas l’administrateur du blog.
La sélection d’articles doit servir à éclairer, analyser les différences dans les programmes proposées par les partis se présentant. Ils devraient permettre de décanter, comprendre les affirmations de chacun engageant la France, pour les trois années prochaines. D’autre part, chacune-chacun à le devoir citoyen (dans cette ambiance délétère), de prendre position en allant voter, mais également d’inciter toutes personnes côtoyées de se rendre dans les isoloirs afin d’éviter l’abstention. Cette abstention qui à toujours « profiter » aux candidat-es, arrivé-es en tête.

MC

La gauche a dévoilé le 14 juin son programme commun sous la bannière du « Nouveau Front populaire » (NFP). Ce « contrat de législature » prévoit « une rupture » lors des « 15 premiers jours » suivant une victoire aux législatives, puis dans les « 100 premiers jours » un « été des bifurcations » et enfin « des transformations » pour « les mois suivants ».

Au niveau économique ce programme prévoit notamment l’abrogation de la réforme des retraites, celle de l’assurance-chômage et la loi immigration, l’indexation des salaires sur l’inflation, ou l’augmentation du SMIC à 1.600 euros net. Elle compte réduire les factures d’énergie, moteur de l’inflation depuis 2021, en revenant sur la hausse de la taxe gouvernementale. Elle propose d’annuler la hausse programmée du prix du gaz au 1er juillet.

Le NFP, qui affiche sa volonté d’« abolir les privilèges des milliardaires », promet de « rétablir un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) », supprimé en 2018, « renforcé avec un volet climatique » – le tout via un projet de loi de finances rectificative dès « le 4 août ».

Il prévoit de « rétablir l’exit tax », une mesure de lutte contre l’exil fiscal des contribuables ; de supprimer la « flat tax », un taux de prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital ; et, au niveau européen, de « taxer les plus riches » et « généraliser la taxation des superprofits ». L’impôt sur l’héritage sera réformé avec l’instauration d’« un héritage maximum ».


Pressée de présenter un chiffrage de son programme économique, l’alliance de gauche a détaillé ce vendredi une série de mesures, dont le coût atteindra 25 milliards d’euros cette année puis 100 milliards l’an prochain. L’instauration d’un impôt sur la fortune (ISF) avec une composante climatique pourrait rapporter 15 milliards d’euros par an.

125 milliards d’euros pour 2024-2025. C’est le chiffrage du programme économique défendu par le Nouveau Front populaire pour les élections législatives et annoncé ce vendredi en conférence de presse par l’alliance de gauche.

Les mesures proposées, qui incluent une indexation des salaires sur l’inflation, une révision des tranches d’imposition sur le revenu et une abrogation de la réforme des retraites, ont suscité les critiques des camps politiques adverses comme celles des milieux économiques car jugées trop dispendieuses dans un contexte de nette dégradation des finances publiques.

Pas d’« augmentation des déficits »

Eric Coquerel, député sortant de La France insoumise (LFI) et président de la commission des Finances dans l’Assemblée sortante, a assuré que le programme ne serait pas financé par « une augmentation des déficits », à l’heure où la France est sous le coup d’une procédure de la Commission européenne pour déficit public excessif . Le déficit public de la France a atteint 5,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023.


1 Source (partie lecture libre) et 2 source (partie lecture libre)

Le Nouveau Front populaire a présenté, vendredi 21 juin, le chiffrage de son programme. La gauche réunie promet « une rupture tranquille » à l’inverse « du désarmement fiscal » d’Emmanuel Macon. À ce jour, le Nouveau Front populaire est la seule force politique à avoir donné un programme chiffré aussi détaillé.

C’est peu de dire qu’ils étaient attendus au tournant. Après plus d’une semaine de procès en « irréalisme économique » orchestré par les opposants politiques et une partie des médias, les représentants du Nouveau Front populaire (NFP) ont livré, ce vendredi 21 juin face aux médias, un chiffrage de leur programme – dépenses et recettes -, selon un découpage en trois séquences temporelles.

En présence de trois économistes,- Julia Cagé, Eric Berr, Laurent Eloi – qui ont apporté leur décryptage sur les propositions macroéconomiques déclinées par Ian Brossat (sénateur communiste), Éric Coquerel (président LFI de la Commission des finances de l’Assemblée nationale) Éva Sas (députée écologiste membre de la Commission des finances) et Alexandre Ouizille (sénateur socialiste).

Au cœur de ce programme économique : « une rupture tranquille » avec le paradigme macroniste qui a conduit, selon les propos de Ian Brossat, à « une dégradation sans précédent des finances » (avec un déficit passant de 2,3 % du PIB en 2018 à 5,5 % en 2023) et la volonté de « repositionner l’État comme un acteur de la redistribution sociale », à même d’orienter l’économie vers un cercle vertueux.

1. En 2024 : 25 milliards d’euros de dépenses pour l’urgence sociale compensées par 25 milliards de recettes

  • Les mesures prioritaires

Smic rehaussé à 1 600 euros nets, soit une hausse de 14 %, augmentation de 10 % du point d’indice pour les fonctionnaires, augmentation des APL de 10 %, gratuité des cantines scolaires, abrogation de la réforme des retraites et de l’assurance chômage…

Jusqu’à décembre 2024, les mesures proposées par le NFP s’attaqueront de front à la question du pouvoir d’achat-une priorité absolue selon Éva Sas. Autant de mesures qui permettraient de « stimuler la consommation, la commande publique et faciliter le recrutement des salariés ».

Aux chefs de PME et de TPE, qui craignent de ne pouvoir supporter ces dépenses supplémentaires, Éva Sas promet des mesures d’accompagnement financier, notamment des dispositifs d’avances à 0 %.

  • Les recettes : 30 milliards puisés dans « l’argent oisif et improductif », ISF et imposition des superprofits

Le NFP, qui revendique unerupture avec la politique macroniste de désarmement fiscal, financera ces mesures d’urgence à travers un rétablissement de l’Impôt sur la fortune (ISF), avec une composante climatique, qui apporterait des recettes estimées à 15 milliards d’euros. Est également prévue une imposition des superprofits, mesure réclamée « en vain depuis des années au Parlement » par la gauche, a déploré Éric Coquerel. Cette mise à contribution apporterait également 15 milliards d’euros, selon les calculs du NFP.

2. En 2025 : 100 milliards d’euros pour la reconstruction et la bifurcation

  • Le principe de la démarche : le partage des richesses

Il s’agit pour le NFP de faire en sorte que, selon les propos d’Éric Coquerel, « la grande migration du travail vers le capital non investi, le capital non actionnarial, celui des dividendes, reparte vers les revenus du travail. ». Il s’agit également de récupérer, selon cette stratégie, « les recettes sur les cadeaux fiscaux les plus importants faits aux grandes fortunes sous le septennat d’Emmanuel Macron ».

Ces mesures n’affecteraient pas la fiscalité d’une grande majorité de Français, selon le député, qui estime que 92 % d’entre eux ne verraient aucune différence sur leur avis d’imposition.

  • Les mesures prioritaires

Les mesures mises en place devront répondre aux besoins de la population en termes d’éducation (avec l’ambition de rejoindre la moyenne de l’OCDE de 19 élèves par classe), de santé (revalorisation des métiers et des salaires dans le milieu du médico-social, plan pluriannuel de recrutement) et d’écologie (intensification de la rénovation thermique).

  • Les recettes

100 milliards d’euros, récupérés à la faveur de la suppression des « niches fiscales injustes », des impôts sur les plus hauts patrimoines, la mise en place d’un barème de quatorze tranches d’impôts, la suppression de la Flat tax, « cadeau offert par Macron aux plus riches détenteurs du capital, qui ont augmenté leurs revenus à travers les rachats de dividendes ».

En 2026 et 2027 : 150 milliards d’euros pour « une transformation en profondeur »

  • Les mesures prioritaires

Elles toucheront les quartiers populaires, les populations rurales, la culture, le sport, la planification écologique, « maître-mot de l’État stratège ». Pendant cette période, le NFP s’attaquera à la question du transport ferroviaire et au fret, pour garantir l’accès aux services publics pour « toutes les petites villes, les zones rurales qui en sont dépourvues ».

Un soutien sera, en outre, apporté à la filière biologie et agroécologie. Sera aussi adoptée « une loi intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles ». Le NFP annonce aussi son projet de porter le budget de la culture à 1 %.

  • Les recettes

150 milliards d’euros apportés par les résultats des mesures fiscales des années précédentes et complétées par un renforcement de la taxe sur les transactions financières, l’impôt Zucman, « qui permet en fonction du chiffre d’affaires d’une multinationale en France de rectifier le chiffre d’affaires déclaré ».

Le NFP annonce enfin prévoir, pendant cette période, l’ouverture d’une concertation avec les partenaires sociaux pour ouvrir la voie à une réforme de la retraite qui passerait à 60 ans.


L’Humanité. Source

Le NFP chiffre quelques mesures, mais…

106 milliards sur 3 ans ? 200 sur 5 ans ? Après les estimations à la louche, le Nouveau front populaire (NFP) a dévoilé ce vendredi 21 juin les prévisions de dépenses et de recettes de son programme qui se veut en « rupture » avec la politique d’Emmanuel Macron. Mais si certaines mesures emblématiques sont clairement chiffrées, ce n’est pas le cas de toutes.

C’est un budget « dépenses » divisé en plusieurs séquences que les députés sortants Éric Coquerel (LFI) et Éva Sas (Écologistes), et le sénateur PS Alexandre Ouizille, ont présenté devant la presse. En 2024, ce sont 25 milliards d’euros de dépenses qui sont prévues pour permettre la hausse du point d’indice des fonctionnaires, l’abrogation de la réforme des retraites, l’augmentation du SMIC à 1 600 euros, la gratuité de l’école (périscolaire, transport) et la hausse de 10 % des APL.

En 2025, les dépenses sont estimées à 100 milliards, consacrées à de nouvelles embauches dans le milieu éducatif, la mise en place d’une garantie autonomie pour les jeunes en situation précaire et un volet écologique, avec des aides pour la rénovation thermique et le développement de la filière d’énergies renouvelables.

Pour l’année 2026, le NFP estime que les dépenses seront de l’ordre de 125 milliards d’euros et à 150 milliards fin 2027, sous réserve du résultat de l’élection présidentielle. Ces chiffres doivent financer diverses mesures comme une loi pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles (2,6 milliards), l’amélioration du ferroviaire, le soutien de l’agriculture bio…

Pas de chiffrage global

Reste la question à 1 milliard ou plutôt à plusieurs centaines : comment financer ces dépenses ? Les représentants du Nouveau front populaire ont évoqué le rétablissement d’un ISF « avec une composante climatique » qui rapporterait entre 12 et 15 milliards d’euros. Dès 2024, afin de « répondre immédiatement aux urgences », le Nouveau front populaire entend également mettre en place une taxe sur les superprofits, qui rapporterait également 15 milliards d’euros. Ces 30 milliards d’euros serviraient à financer les dépenses de l’année 2024.

Pour 2025, Éric Coquerel a évoqué « deux vecteurs » de revenus : le « partage des richesses » du capital (non-investi, dividendes, actionnariat) vers le monde du travail et les recettes « que nous allons récupérer sur les cadeaux fiscaux les plus importants qui ont été faits aux plus riches », assure-t-il. Il a néanmoins promis que « 92 % des Français » ne verront pas leur fiscalité évoluer défavorablement. D’une façon générale, « les dépenses correspondent exactement aux recettes que nous mettrons sur la table », a martelé l’ancien président LFI de la Commission des Finances.

Pour autant difficile, en dépit de moult relances des journalistes présents, d’obtenir un chiffrage global des postes de dépenses. Les estimations de la socialiste Valérie Rabault dans Les Échos le 18 juin – 106 milliards sur 3 ans – ont été rejetées par la France insoumise. Le 20 juin dans Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon a lui estimé le coût du programme à 200 milliards d’euros sur cinq ans mais avec des recettes de l’ordre de 230 milliards, une estimation que les élus présents ce vendredi n’ont pas catégoriquement réfuté.

De même, si les recettes ont été détaillées, le coût de chaque poste de dépenses ne l’a pas été : ainsi, impossible à ce stade de connaître le coût exact de la hausse du SMIC sur les finances publiques, de celles des APL, de la gratuité complète de l’école… Pas possible non plus de connaître le coût d’une réforme des retraites à 60 ans, une des mesures phare de la gauche. Les représentants ont renvoyés à la tenue de discussions avec les partenaires sociaux pour en « déterminer collectivement » les modalités. Et le coût potentiel donc.


HuffingtonPost. Source (lecture libre)


2 réflexions sur “Chiffrage-Programme du NFP

  1. bernarddominik 22/06/2024 / 18h46

    L’augmentation du point d’indice c’est effectivement 25 milliards pour l’état et autant pour les collectivités territoriales, qui ne savent comment les financer. Le coût de la retraite à 60 ans à été occulté. Et que se passe t il avec le cice? Pour l’instant le chiffrage reste incertain.

  2. rblaplume 23/06/2024 / 16h55

    Je te remercie Michel. Ce comparatif, en termes d’analyse, d’une partie du programme pluriannuel du Nouveau Front Populaire, est intéressant. Ces différentes visions invitent à consulter l’ensemble des propositions de très court terme et celles programmées sur une période plus longue. En tout état de cause, le détricotage des réformes de régression sociale est essentiel ! C’est toujours bon à prendre. Puis les mesures de justice sociale suivront. Il nous faudra les accompagner. Ça pourrait aider à préparer de nouvelles élections législatives et la future élection présidentielle.
    Pour ce qui est du chiffrage d’une mesure, il est bon de le faire en coût global ( coût chiffré par les tenants capitalistes) et le coût réel ( effet induit dans le temps, en termes de prenant en compte les effets bénéfiques de type fiscal, de recettes fiscales, d’emplois, de sécurité sociale, de paix sociale, santé, de bien être, d’éducation, de redressement de l’Ecole républicaine, de la recherche, de la diplomatie etc.)
    Pour la fonction publique, le fait de rendre plus attractif les emplois, vous aurez plus de candidats de qualité, le service public sera plus performant et mieux implanté. On a rien sans rien ! Cette augmentation des traitements des fonctionnaires amènera plus de t.v.a et d’impôts directs et des effets induits feront des ruisseaux de ruissellement pour le plus grand nombre de nos Concitoyennes et Concitoyens.
    La fonction publique est voué aux gémonies jusqu’au jour où on a besoin : Ecole républicaine, police républicaine, gendarmerie nationale, hôpitaux, justice, recherche publique, diplomatie, hauts fonctionnaires républicains mutualité, Economie Sociale et Solidaire, écologie. Enfin, tout ce qui fait un pays démocrate, social et laïque ! La France de Jean Ferrat !
    rblaplume

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