Netanyahou se fiche du CPI…

… il n’entend pas “freiner” l’offensive destructrice sur Gaza

La guerre dévastatrice n’a pas connu de répit mardi [21/05/2024] à Gaza entre Israël et l’Hamas qui ont dénoncé les mandats d’arrêt réclamés à Cour pénale internationale (CPI) contre des dirigeants israéliens et du mouvement islamiste palestinien pour crimes de guerre et contre l’humanité présumés.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou finira-t-il comme l’ex-dirigeant libérien Charles Taylor condamné en 2012 par la cour pénale internationale (PI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

Rien n’est moins sûr, tant la procédure de La Haye est longue et incertaine. Mais la demande de mandat d’arrêt émise lundi [20/05/2024] par le procureur de l’institution contre le dirigeant israélien, ainsi que son ministre de la Défense et trois chefs de l’Hamas, ravivé les divisions et les crispations sur la question du conflit israélo-palestinien.

Les États-Unis, qui ne sont pas membres de la CPI, sont très vite montés au créneau pour défendre leur allié israélien. « Ce qui se passe n’est pas un génocide, nous rejetons ce terme », a par ailleurs réagi Joe Biden lundi, répétant que son soutien à Israël était « inébranlable » et dénonçant une démarche « scandaleuse ».

Une équivalence avec le Hamas « pas acceptable »

A l’inverse, les pays de l’Union européenne affichaient au grand jour leurs divergences, certains estimant, au même titre que les États-Unis, qu’il n’était pas acceptable d’établir une « équivalence » entre l’Hamas et Israël. De son côté, la Chine, qui ne fait pas non plus partie de la juridiction et qui soutient depuis longtemps la cause palestinienne, a dit mardi « espérer que la CPI maintiendra sa position objective et impartiale ». Et Pékin a de nouveau appelé à la « fin de la punition collective du peuple palestinien ».

Trois juges de la CPI doivent désormais décider si les preuves sont suffisantes pour lancer la traque. Une telle décision requiert généralement au moins un mois pour être prise — mais pourrait prendre plus longtemps étant donné le caractère sensible de l’affaire.

En tout cas, le ministre israélien de la Défense, directement visé pour des crimes tels que « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination et/ou meurtre », en est sûr :« La tentative du procureur de la CPI, Karim Khan, de renverser la situation n’aboutira pas. »

Et Yoav Gallant, qui dénonce une « décision méprisable et ignoble », incitait mardi les autres pays à soutenir sa cause : « Cette tentative de refuser à l’État d’Israël le droit de se défendre et d’assurer la libération des otages retenus à Gaza doit être rejetée explicitement. » Le mouvement islamiste palestinien dénoncait pour sa part les tentatives du procureur […] d’assimiler la victime au bourreau ».

Sur le terrain, la guerre continue

De fait, la demande de mandat d’arrêt de la veille n’a pas freiné les ardeurs du gouvernement de Netanyahou sur le terrain militaire. L’armée israélienne a indiqué mardi poursuivre ses opérations notamment à Jabaliya (nord de la bande de Gaza), dans le centre ainsi que dans la ville de Rafah, au sud, adossée à la frontière avec l’Égypte. L’aviation israélienne a ainsi frappé quelque 70 cibles ces dernières 24 heures dans la bande de Gaza, l’armée disant avoir éliminé plusieurs combattants dans le sud. Mardi, le chef de la diplomatie américaine a estimé qu’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas était encore « possible ».

Par ailleurs, Associated Press a annoncé que son direct vidéo sur Gaza avait été coupé par Israël. Mais face aux pressions de l’étranger, notamment de la Maison-Blanche, qui a qualifié de « plutôt choquant » la décision, le gouvernement de Netanyahou a annoncé révoquer sa décision mardi soir.

La guerre a été déclenchée par une attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, qui a entraîné la mort de plus de 1170 personnes. Sur les 252 personnes alors emmenées comme otages, 124 sont toujours retenues à Gaza, dont 37 sont mortes selon l’armée.

Et ce n’est pas l’émission d’un mandat d’arrêt contre les dirigeants des deux camps qui mettra un terme à cette guerre.


Article signé des initiales M.L.D. Le Dauphiné Libéré. 22/05/2024


Une réflexion sur “Netanyahou se fiche du CPI…

  1. tatchou92 26/05/2024 / 18h21

    et pendant ce temps, la vente et la fourniture des armes prospèrent dans plusieurs pays, dont le nôtre, qui veut réduire la durée des allocations chômage versées, aux personnes sans emploi…de notre pays.

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