Débats et des hauts

Tout commence le 31 décembre 2023 dans l’après-midi.

Emmanuel Macron vient d’enregistrer sa traditionnelle allocution du Nouvel An et prend un verre avec l’équipe de France Télévisions. Le chef du service politique, Cyril Graziani, lui pose alors la question : « Et si vous débattiez avec Marine Le Pen avant les européennes ? » Le Président se montre réceptif, mais aussi, selon un témoin de la scène, évasif.

L’idée fait pourtant son chemin dans la tête de son nouveau conseiller en communication, Jonathan Guémas, et dans celle de son « conseiller mémoire », Bruno Roger-Petit. Tous deux ont à l’esprit le débat du 3 septembre 1992 qui avait opposé François Mitterrand et Philippe Séguin à quelques jours du référendum sur le traité de Maastricht. Jusqu’à ce que, le 25 avril, depuis Mayotte, où elle fait campagne, Marine Le Pen lance un crâneur « Pourquoi pas ? » à BFMTV, qui l’interroge sur l’éventualité d’un débat avec Macron.

Cinq jours plus tard, le chef de l’Etat garde à dîner l’ex-sénateur et ancien conseiller de Sarkozy Pierre Charon, auquel il vient de remettre les insignes d’officier de la Légion d’honneur. Plusieurs de ses amis ont été conviés à la fête, parmi lesquels Franck Louvrier, aujourd’hui maire (LR) de La Baule, mais surtout incontournable conseiller com’ de Sarko pendant près de quinze ans. Est-ce lui qui relance auprès de Macron l’idée d’un débat avec Le Pen ? « Le Parisien » puis « La Tribune Dimanche » l’affirment. Louvrier, lui, « ne souhaite pas s’exprimer sur des conversations privées ». Quant à Charon, il jure ses grands dieux que le sujet n’a pas été évoqué.

Le débat sur le débat prospère néanmoins, jusqu’à ce que Marine Le Pen s’emmêle les pinceaux, à la plus grande satisfaction des stratèges élyséens. Elle dit d’abord « pourquoi pas », puis « apres les européennes », puis « en septembre ».

A l’Elysée, on la traite de « baudruche » : « Elle annonce qu’elle veut jouer la Ligue des champions, puis, après, c’est l’Intertoto qu’elle veut jouer », ironisait lundi 13 mai au matin un conseiller. Le lendemain, nouveau changement de pied : Bardella déclare sur RTL que, finalement, sa patronne acceptera un débat avant les européennes à condition qu’on ne parle pas que de l’Europe…

Réaction grinçante, quelques minutes plus tard, de Macron devant ses proches : « Débat ou pas ? Frexit ou plus ? On a l’impression que, sur l’Europe comme sur le reste, Marine Le Pen est perdue. C’est la grande ambiguilé. Le grand amateurisme. » Et de conclure : « Nous, nous sommes clairs et prêts. »

Comme quoi, finalement, le fameux débat pourrait bien avoir lieu. C’était bien la peine d’envoyer Gabriel Attal au front, face à Bardella, la semaine prochaine…


2 réflexions sur “Débats et des hauts

  1. bernarddominik 16/05/2024 / 8h15

    Macron est un excellent débateur qui connaît bien ses dossiers on comprend bien que Marine Le Pen hésite. Mais les vrais sujets seront ils au programme? Pas sur, le RN misant tout sur l’immigration et peu sur l’économie et le pouvoir d’achat

  2. tatchou92 16/05/2024 / 18h07

    Je vais pouvoir répondre favorablement à l’invitation à diner de mes petites filles et de leur maman.

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