Uber, l’entreprise promût par Manu !

Zouhir, chauffeur VTC, a transporté un couple allemand d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques) à Dortmund, outre-Rhin, pendant les fêtes de Bayonne. Ses passagers ont enchaîné 1340 km en quatorze heures, le 31 juillet dernier 2023, contre la somme pas si modique de 2 100 euros.

La plateforme ne manque pas de vanter ce record.

Le chauffeur, lui, a pourtant du mal à rentrer dans ses sous. « L’application n’a pas voulu me payer pendant plusieurs jours, prétextant que ma course avait été réglée avec une Carte bleue frauduleuse », klaxonne Zouhir, un temps menacé de voir son compte déconnecté à cause — de cette prétendue fraude. ll lui faut se rendre à plusieurs reprises au bureau Uber de Bordeaux avant de toucher son dû…

Alors, quand, le 8 décembre, le service communication d’Uber le contacte pour rouler les mécaniques auprès des médias, le chauffeur se marre. Il accepte de parler aux journalistes… pourvu qu’il puisse évoquer la condition des travailleurs uberisés.

Las ! sa sortie, selon lui, est « coupée au montage ».

Zouhir se braque contre « cette propagande ».

Auprès du « Canard », la multinationale conteste cette version des faits : « Le chauffeur n’a fait mention d’aucune insatisfaction concernant les services d’Uber, qu’il utilise intensivement. » Vraiment ?

En janvier 2023, bien avant son aventure, le chauffeur avait pourtant, avec d’autres collègues, saisi les prud’hommes pour requalifier en CDI sa relation avec Uber. L’audience est prévue en avril, et plus d’un millier de recours similaires sont en cours en France.

« Moins de 1 % des chauffeurs exerçant ou ayant exercé pour Uber » engagent des poursuites, tempère la société, et « ces demandes de requalification n’ont pas abouti dans plus de 60 % des cas ».

Le 20 janvier 2023, pourtant, les prud’hommes de Lyon ont condamné Uber à verser près de 17 millions d’euros à 139 chauffeurs souhaitant être reconnus comme salariés. La boîte a fait appel.

Les chauffeurs avaient cru remporter la bataille, le 13 décembre 2023, quand le Parlement, la Commission et le Conseil de l’Union européenne s’étaient entendus sur une directive favorable aux 5,5 millions de travailleurs européens « ubérisés ».

Mais, le 22 décembre 2023, plusieurs gouvernements, dont celui de la France, ont refusé de reconnaître leur statut de salariés.

Il est vrai que le président Macron a été épinglé en juillet 2023 par la commission d’enquête parlementaire sur le lobbying de la firme américaine, accusée de l’avoir favorise avant et après son élection.

C’était donc vrai ?


Fanny Ruz-Guindos. Le Canard enchaîné. 14/02/2024


2 réflexions sur “Uber, l’entreprise promût par Manu !

  1. bernarddominik 18/02/2024 / 16h09

    Il faut supprimer de la constitution l’article sur l’immunité présidentielle. Elle a permis à Sarkozy puis Macron de mentir et tricher impunément

  2. tatchou92 18/02/2024 / 18h43

    Scandaleux ! que deviennent ces travailleurs ? sont-ils assistés par une organisation costaude ? Où sont les inspecteurs du travail ?

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