Expression
L’histoire de cet âne est compliquée, car méchant, rouge et roux avaient jadis un autre sens.
Méchant signifier un mauvais (on dit encore un « méchant stylo ») et les deux adjectifs roux et rouge, s’employait indifféremment l’un pour l’autre.
Par ailleurs, il faut savoir qu’au Moyen Âge on prêtait aux personnes rousses la réputation d’être méchantes et perfides. À tel point qu’on affirmait que Judas, le traître des traîtres ne pouvait être que roux. Il était représenté ainsi sur les peintures de la Cène.
Selon une représentation qui remonte à l’Antiquité, les roux étaient censés avoir été conçus pendant les menstrues de leur mère !
Au XIIIe siècle, roux et rouge prendront au figuré le sens de déloyal.
Par ailleurs un roucin était un cheval de bât, par essence un cheval médiocre. Sous l’influence de rosse, roussin deviendra le surnom du mauvais cheval ou du mauvais âne.
L’expression s’articule donc autour d’un double jeu de mots sur la méchanceté. Un « âne rouge » est une monture, à la fois médiocre et traître.
Les vieux disent encore en Normandie : « traître comme un âne rouge ».
Bernard C. Galey. Recueil : « du coq à l’âne ». Éd. Taillandier
Merci Michel, je découvre avec plaisir.. et je souris en pensant aux beaux cheveux roux naturel de 2 cousines et d’une de mes nièces… qui ont toutes entendu des réflexions désagréables, il y avait même une « chanson torchon ».. Je me régale en voyant les teintures pratiquées par ailleurs bien moins lumineuses, plus coûteuses et dangereuses pour le cuir chevelu.. et les yeux, ,lorsque par accident une goutte y tombe malencontreusement..